Va-t-on vers la disparition à terme des OPGI ?

Un nouveau décret exécutif accorde de nouvelles facilités administratives qui permettent au postulant de s’adresser directement à l’OPGI qui examine le dossier et le route vers l’inspection des domaines de l’Etat sans passer par la commission.

 

 

Le ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la ville, Abdelmadjid Tebboune a appelé samedi à accélérer la cadence de vente des logements relevant des OPGI mis en exploitation avant 2004 aux locataires.

Intervenant lors d’une rencontre d’évaluation du secteur de l’Habitat pour le premier semestre 2015, M. Tebboune a estimé que l’opération lancée en 2003 puis relancée en 2013 avance « lentement » malgré les avantages des prix et les délais accordés aux locataires.

Il a imputé cette situation aux entraves bureaucratiques du fait que le locataire désireux d’acquérir son logement doit présenter le dossier à une commission ad hoc présidée par le chef de daïra pour l’examiner avant de le soumettre, après approbation, à l’inspection des domaines de l’Etat territorialement compétente.

Un nouveau décret exécutif accorde de nouvelles facilités administratives qui permettent au postulant de s’adresser directement à l’OPGI qui examine le dossier et le route vers l’inspection des domaines de l’Etat sans passer par la commission.

Dans un souci de garantir un bon déroulement de l’opération, le ministère a mis en place un numéro vert en faveur des citoyens ayant rencontré des difficultés pour l’acquisition de leur logement.

Le ministère compte, à travers l’accélération de l’opération, financer la réalisation de nouveaux programmes de logements sans recourir au trésor, a indiqué M. Tebboune.

« L’opération de vente de ces logements devra générer beaucoup d’argent ce qui évitera de puiser dans les fonds du Trésor qui sont tributaires des recettes pétrolières », a-t-il encore souligné.

Entre 2003 et 2010, le ministère avait mis en cession les logements relevant de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) au profit de leurs locataires, mais l’opération n’avait pas suscité l’engouement escompté en raison de prix élevés.

Le ministère a relancé l’initiative en 2013, mais en offrant, cette fois, des avantages au niveau des prix et des délais de paiement.

Au 31 juillet, les OPGI ont ainsi cédé quelque 154.144 propriétés contre 531.766 unités en attente de cession.

Le prix de référence du mètre carré a été fixé à 12.000 DA en prenant en compte le lieu d’implantation des logements. Le prix du logement à Alger variera entre 750.000 DA et 1,28 million de dinars, tandis que les logements situés dans les wilayas du sud, à l’instar d’Adrar et de Tindouf, seront cédés à près de 30.000 DA. Le montant des loyers versés par les locataires sera déduit de la valeur du logement.

Les locataires désireux d’acquérir leur logement dans le cadre de cette opération bénéficieront d’une réduction de 10% en cas de paiement au comptant, de 7% en cas de paiement sur trois (3) ans et de 5% en cas de paiement sur trois (3) à sept (7) ans.

Pour ceux qui désirent échelonner les versements sur un délai n’excédant pas 20 ans, ils devront verser 5% du prix exigé.

Le ministre a, par ailleurs, souligné la nécessité pour l’AADL, l’OPGI et l’Entreprise nationale de promotion immobilière (ENPI) de régulariser leur situation auprès de l’Inspection des domaines afin que les actes de propriété puissent être remis aux personnes ayant fait acquisition de leur logement mais n’ont toujours pas obtenu ce document.

Ces promoteurs immobiliers ont jusqu’à la première semaine du mois d’octobre pour régulariser leur situation, sachant que 55.000 logements AADL (25% des logements réalisés) sont concernés.