Algérie FCE Haddad Sellal
La délégation du FCE reçue aujourd’hui par le Premier ministre (Ph. dr.)
Algérie FCE Haddad Sellal

 

Le Forum des chefs d’entreprises (FCE) a présenté aujourd’hui son « Plan d’émergence économique de l’Algérie » au Premier ministre. Parmi les objectifs de ce plan, la réduction des importations, porter les exportations hors hydrocarbures à hauteur de 10 milliards de dollars, une croissance de 7 à 8% sur cinq ans, et la création de 60.000 emplois directs.

L’Algérie doit diversifier ses exportations pour ne pas se tenir en haleine éternellement à chaque fluctuation du prix du baril, estime le FCE. Le président du Forum, Ali Haddad, a déclaré lors d’une conférence de presse, organisée ce 27 juillet à l’Aurassi, que « l’Algérie est tenue de développer ses capacités d’investissement nationales, aussi bien publiques que privées afin d’assurer l’expansion des produits des biens et des services, et ce, en engageant des réformes dans le domaines économiques et surtout au niveau des entreprises tout en sauvegardant l’aspect social. Pour cela, elle doit diversifier urgemment ses productions et ses exportations ».

Ces objectifs seront atteints, selon Ali Haddad, moyennant la libération des potentiels et des initiatives de production et l’ouverture du champ de l’investissement, la consolidation du rôle régulateur de l’état, et la dépénalisation des actes et fautes de gestion. Ce dernier point adopté par le gouvernement, que Ali Haddad qualifie de « décision historique », figure parmi les principales mesures préconisées par le FCE dans son plan d’émergence économique. Un plan d’Emergence de l’économie algérienne composés de trois types de mesures: 16 structurelles, 23 sectorielles et 2 relatives aux subventions et soutient de l’état, présenté aujourd’hui par le FCE au gouvernent. « La stratégie du développement économique proposée par le FCE est en parfaite symbiose avec les orientations de l’économie nationale », assure Ali Haddad. Ce « Plan d’urgence qui répond à une situation d’urgence » comme le décrit le vice président du FCE, Brahim Benabdesselem, insiste dans sa première mesure sur l’application de l’article 37 de la constitution algérienne garantissant la liberté du commerce et de l’industrie : « Nous sommes pour la libéralisation des investissements, et nous demandons comme première mesure, l’application de l’article 37 de la constitution », déclare Benabdesselem, également membre de la commission économique du FCE.

300 milliards DA dans le circuit informel

Ali Haddad se réjouit de la loi de Finance complémentaire du 22 juillet, et du code du marché adopté lors du dernier Conseil des Ministres, notamment sur la décision de l’interdiction d’importation de produits fabriqués localement à une qualité égale » ; et des réformes fiscales engagées au profit des entreprises. Rejoignant la fixation à 7% de la taxation forfaitaire libératoire, inscrite le 22 juillet dans la loi de finances complémentaire (LFC) 2015, applicable sur les capitaux du circuit informel vers les banques, le FCE propose également la bancarisation des fonds informels aussi bien en dinars qu’en devises, par le paiement de 7% de l’argent « gris ». Cet argent « gris » (des mandataires, grossistes, détaillants etc. qui ne se sont pas acquittés de leurs impositions), et non « noir », que le FCE propose de récupérer est estimé à environ 300 milliards DA. Cet assouplissement des droits de présomption fiscale « ne vise pas le renflouement des caisses. Mais la récupération de cette trésorerie dormante estimée à 40 milliards de dollars, permettra aussi à ses dépositaires, une fois blanchis aux yeux du fisc, d’entreprendre une activité productive », explique Mohamed Laid Benamor, président de la commission Industrie du FCE et PDG du groupe Amor Benamor.

Sortir du soutien des prix au soutien des ménages

Le FCE propose dans ce même document de 87 pages, un plan de rationalisation des subventions et aides de l’état dans tous les domaines, car le soutien des prix n’est pas considéré comme une décision juste par les membres du FCE, qui voit en cela un gaspillage. « Il n’est pas normal qu’une personne sans revenu paie un litre de lait au même prix que celui qui gagne 10 fois le Smic, sachant que l’Etat alloue 60 milliards de dollars à la subvention des produits de première nécessité et aux transferts sociaux, ce qui représente 30% du PIB », estime Ramdane Amar vice président du FCE, qui insiste sur la différenciation entre les transferts sociaux et les subventions de l’Etat. « Il faudrait sortir du soutien des prix au soutien des ménages. Ceci libérera tous les prix, évitera le gaspillage et les sorties des produits aux frontières », a-t-il affirmé. Et de rajouter : « Ces mesures réduiraient les coûts de subventions de l’état à 400 milliards DA (MDA), au lieu des 1700 MDA actuels, et nécessiteraient la mobilisation de 100.000 universitaires pour veiller à leur mise en place au niveau des communes ».

Faire de l’Algérie un grand pôle agricole régional

Par son plaidoyer, le FCE vise à augmenter la croissance nationale entre 7 et 8% dans les cinq prochaines années, augmenter les exportations hors hydrocarbures à 10 milliards de dollars, réduire de 15 mds de dollars les importations en 3 ans, ainsi que la création de 60.000 emplois directs. Le plan du FCE accorde une importance considérable au secteur agricole et l’industrie agroalimentaire. « Nous voulons faire de notre pays à moyen et long terme un grand pôle agricole régional et nous en avons les moyens », déclare M. Benabdesselem.

Le FCE est à la disposition de l’armée

Affirmant que le FCE ne vise nullement l’investissement dans le secteur public, encore moins dans le secteur militaire, Ali Haddad informe que son organisation patronale se met à la disposition de l’armée qu’elle a « toujours soutenue, soutient et soutiendra ». « On ne touchera pas au secteur militaire, mais si le service militaire ou l’industrie militaire a besoin de nous, on n’hésitera pas à l’aider », affirme Ali Haddad, en rendant un vibrant hommage aux soldats algériens déployés aux longs des frontières. Le président du FCE annonce à la fin de la conférence, la création d’un Forum des jeunes entrepreneurs.