La facture des importations de ciments a reculé de près de 21% pendant les 10 premiers moins de l’année.

Les retards mis par les services du ministère du Commerce à délivrer les licences d’importation du rend à béton et du ciment risquent de provoquer des dégâts dans le BTP.

 

La décision du Gouvernement de soumettre l’importation du ciment et du rond à béton à une licence d’importation est en train de provoquer une  forte hausse des prix de ces produits mais aussi une pénurie à cause des retards enregistrés par le ministère pour délivrer la fameuse « licence d’importation ». Pourtant, à la clôture, le 3 février dernier, de l’opération du dépôt des dossiers pour bénéficier des contingents quantitatifs à l’importation de ces produits indispensable pour le BTP qui, au demeurant, constitue le secteur le plus dynamique de l’économie nationale, Bekhti Belaib n’a pas manqué de promettre le traitement rapide des demandes. En effet, il était question, selon lui, que  les licences soient remises à leurs demandeurs, au plus tard après une semaine ; soit vers le 10 février. Or,  bientôt trois semaines se sont déjà écoulées et aucune licence n’a été délivrée officiellement, ce qui se répercute d’une façon très négative sur le marché. En effet, coïncident avec un arrêt technique pour des raisons de maintenance de nombreuse cimenteries, notamment celle de Beni Saf, de Zahana, de Sidi Belabbès et de Bouira, cette situation a entraîné une hausse vertigineuse du prix du ciment qui a pratiquement doublé ces derniers jours, atteignant 1900 DA, soit trois fois le prix du sac de 50 kg, selon Abdelmadjid Dennouni, président de la Confédération générale du patronat du BTPH (CGP- BTPH). Mais pas seulement. Car, en plus  des coûts élevés, la rareté de ce produits a également entraîné des surcoûts énormes des chantiers en cours et, parfois, même l’arrêt de certains.

Vers une pénurie de rond à béton

Le rond à béton, également soumis à une licence d’importation, risque aussi de voir ses prix flamber et traverser une pénurie  dans les prochaines semaines même si,  pour l’heure, les stocks disponibles arrivent à répondre aux besoins qui s’expriment.  Car, selon des données officielles de l’année 2015, la production nationale globale en la matière  est loin de répondre aux besoins du marché national puisque les deux principales aciéries du pays, El Hadjar et Tosyali, ne produisent que  1.2 millions de donnes alors que les besoins nationaux s’élèvent à 4 millions. Décidément, les retards enregistrés par le Ministère du Commerce à délivrer le sésame ont déjà commencé à produire des effets négatifs dans le marché et risquent de compliquer davantage la situation. Les explications fournies ça et là et qui portent notamment sur la pléthore des demandes, fort inattendue, déposées par les importateurs, et la maladie du ministre du Commerce, Bekhti Belaib, peuvent apaiser momentanément les inquiétudes des acteurs du BTB mais ne sauraient nullement les consoler quant aux pertes énormes qu’ils enregistrent. Alors, qu’attend le ministère du Commerce pour mettre fin ce blocage ?