Le conseil national du SNPSSP attire l’attention sur « les conséquences désastreuses qu’encourt le système public de santé ».

Les médecins spécialistes du secteur public estiment qu’ils sont les laissés-pour-compte de la loi de finances 2019.

Ils s’élèvent contre la discrimination en matière d’imposition (35 et 10%) qui frappe des primes versées aux praticiens spécialistes de la santé publique, par rapport aux autres corps de praticiens spécialistes exerçant eux aussi dans le secteur de la santé et percevant les mêmes primes.

« Cette anomalie contraire à toute logique entraîne un différentiel de salaire qui ne repose sur aucun argument rationnel et qui contribue à dévaloriser la carrière de santé publique », estiment-ils. La réparation de cette anomalie demandée par le SNPSSP (Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique) au nom du principe de l’égalité des citoyens devant l’impôt est tributaire de l’introduction d’un amendement à la loi de finances, ce qui n’a pas pu se faire depuis plusieurs années y compris dans celle de 2019.

C’est ce qui ressort de la dernière réunion en session extraordinaire du conseil national du SNPSSP, tenue à Alger le 17 novembre courant, et dont l’ordre du jour portait sur l’examen de l’état d’avancement de la prise en charge des points en discussion avec le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière.

Un communiqué du syndicat ajoute :« dans le même temps et le même contexte d’austérité budgétaire, nous voyons le gouvernement octroyer une prime dite du service civil, aux praticiens spécialistes (…) durant la seule durée de ce service. Cette prime crée une situation inédite où des praticiens spécialistes exerçant dans des conditions identiques percevront des salaires différents, au profit du dernier arrivé, avec une différence de 20 à 60 000 dinars ». D’après le syndicat : « un spécialiste qui à l’issue du service civil voudrait se maintenir à son poste, verrait son salaire amputé du jour au lendemain du même montant. Cette mesure contraire à l’esprit de justice et à la logique, est un véritable coup de fouet aux démissions des spécialistes du secteur public ».

D’autre part, « si le SNPSSP a applaudi l’inscription au plan d’action du gouvernement le principe de la mise en place de mesures incitatives pour stabiliser les effectifs de spécialistes dans le secteur public, le conseil national dénonce une mesure qui non seulement s’inscrit à total contresens de cet objectif, mais va achever de déstructurer la prise en charge en soins spécialisés à travers le territoire national, en institutionnalisant l’instabilité des spécialistes dans le secteur».

Le conseil national du SNPSSP attire l’attention sur « les conséquences désastreuses qu’encourt le système public de santé du fait de ces disparités ». Il en appelle au Premier ministre et aux plus hautes autorités de l’Etat.