De nombreux producteurs de boisson en Algérie sont menacés par la baisse des marges bénéficiaires et une concurrence déloyale d’entreprises ne respectant pas les normes de production, a indiqué, mardi à Radio M, Ali Hamani, président de l’Association des producteurs algériens de boissons (APAB).

 

 

D’après lui, beaucoup de producteurs risquent tout simplement de disparaître du marché, en raison de la réduction constante de leurs marges bénéficiaires sous l’effet des augmentations des taxes et des prix des matières premières. 

 «Certaines petites entreprises ont été absorbées par des entreprises de plus grande taille et certaines ont déjà disparu laissant leur marché à d’autres entreprises », signale le président de l’APAB.

 

Pour réduire la menace qui pèse sur les producteurs, M. Hamani suggère aux pouvoirs publics d’élargir l’assiette fiscale au lieu d’augmenter uniquement les taxes. L’élargissement de l’assiette fiscale se fait à travers la lutte contre l’informel et l’intégration de ses acteurs dans le circuit ordinaire. Il relève que « c’est précisément l’augmentation des taxes qui pourrait pousser des producteurs à aller vers l’informel ».

 

35 à 38 millions de dollars d’exportations

 

Le président de l’APAP a déploré, d’autre part, la rareté du contrôle dans le secteur des boissons. D’autant, souligne-t-il, qu’un certain nombre de producteurs malveillants et ne respectant pas les normes de production portent atteinte aux professionnels du secteur qui, eux, investissent sur le long terme.

 Ali Hamani a souligné l’importance du secteur des boissons qui regroupe officiellement 1700 acteurs de différentes tailles et dont les plus importants sont adhérents à l’APAB avec une part de marché de 85% pour seulement 45 entreprises.

 La production globale dans ce secteur tourne autour de 4,5 milliards de litres par an couvrant 98% de la consommation nationale. Le chiffre d’affaires de la filière se situe entre 250 et 260 milliards de dinars avec 20.000 emplois directs et 60.000 emplois indirects.

 La filière qui a une part de plus en plus importante dans les industries agroalimentaires exporte pour 35 à 38 millions de dollars, selon le président de l’APAB.

 D’après lui, les Algériens consomment 110 litres de boissons par personne et par an. Dans le détail, ce sont les boissons gazeuses qui viennent en tête avec près de 54 litres par personne et par an, suivies de l’eau avec 36 litres, des jus avec 15 litres et des boissons alcoolisées avec 5, 5 litres.