Bordj El Kiffan, un magnifique littoral à dépolluer et à protéger (ph. : Jean-Michel Bertasi).

Un avis d’appel d’offres national restreint a été lancé pour étudier la protection et l’aménagement de ce littoral, très pollué par les eaux usées.

 

 

Le ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement vient de diffuser un avis d’appel d’offres national restreint portant sur l’étude de la protection et de l’aménagement du littoral de la commune de Bordj El Kiffan, affecté par la pollution due au déversement des eaux usées.

Enregistré sous le numéro 26/14, cet avis d’appel d’offres s’adresse à la fois aux « bureaux d’études nationaux agréés ou groupements de bureaux d’études, aux établissements publics à caractère scientifique et technique et aux centres de recherche ». Le ministère exige de ces entités de capitaliser « une expérience dans le domaine des études du littoral, de l’urbanisme, des travaux public, de l’aménagement du territoire et/ou de l’environnement » comme préalable pour pouvoir soumissionner.

Les futurs détenteurs de ce marché sont supposés établir un diagnostic de la situation au niveau du littoral de la commune de Bordj El Kiffan et mettre au point un avant-projet relatif à sa protection et à son aménagement. Les travaux proprement dits seront lancés dans un deuxième temps.

 

Les villes côtières sont de grands pollueurs

 

En 2008, la presse s’était fait l’écho de la mort d’un dauphin à cause de la pollution au niveau de ce littoral. Le dauphin mesurant 1,5 mètres avait été rejeté par les vagues vers la plage appelée Bateau Cassé. On avait parlé à l’époque d’une épidémie qui aurait frappé plusieurs régions de la Méditerranée en raison de la pollution et pas seulement les rivages algériens. Quoi qu’il en soit, plusieurs villes côtières algériennes ont la sombre réputation d’être de grands pollueurs. Alger est en tête du classement au niveau national.

Selon M. Mohamed Kacher, directeur général du Centre national de développement de la pêche et de l’aquaculture (CNDPA), les déchets déversés au large des plages algériennes sont généralement des macro-déchets mais il semblerait que l’Algérie évite une catastrophe écologique grâce à la direction des courants marins en Méditerranée. « La Méditerranée a pour particularité d’être une mer où les courants vont d’ouest en est. La plupart des déchets déversés au niveau du littoral algérien vont vers des pays de l’est du bassin méditerranéen tels que la Turquie, par exemple », explique-t-il. « Autrement, nous aurions vu l’ampleur des dégâts de nos propres yeux », assure-t-il.