Réda Hamiani président du FCE favorable à un aménagement de la règle des 51/49/ Ph: Y.Djama

Le principe de la règle 51/49% régissant l’investissement étranger avec un partenaire local est maintenu, mais son aménagement va intervenir pour tenir compte de l’intérêt que les investisseurs apporteront à l’économie nationale. C’est ce qu’a déclaré ce lundi, le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Réda Hamiani, invité du forum du quotidien Liberté.

 

« Il y aura des facilités qui seront accordées, selon par exemple, que l’on pourra créer de l’emploi ou transférer du savoir-faire », a déclaré Hamiani à propos des aménagements qui vont toucher la règle dite des 51/49. Selon lui, la loi de finances 2014 prévoit deux choses essentiellement : les investisseurs étrangers qui vont créer plus de 100 emplois et ceux qui vont produire avec un taux d’intégration de plus de 40%, bénéficieront d’avantages fiscaux et parafiscaux. M. Hemiani qui a rappelé ces dernières mesures prises par le gouvernement en faveur de l’investissement a précisé que ce qui va désormais édicter la loi 51/49 ce sont le transfert de savoir-faire, la création d’emplois et probablement les lieux d’implantation des projets selon qu’ils soient au sud ou au nord. Et Hamiani de rappeler la position qui a toujours été revendiquée par son organisation vis-à-vis du cadre de l’investissement étranger, à savoir que cette règle ne doit pas être généralisée à tous les investissements. « Ce n’est pas tant la règle qui nous fait peur, a dit Hemiani. Elle est d’ailleurs pratiquée dans beaucoup de pays au monde, mais c’est plutôt sa généralisation. L’Algérie demeure le seul pays au monde qui applique d’une façon indifférenciée la règle du 51/49, a-t-il estimé. « L’idéal c’est de passer au filtre les différents investissements étrangers et de décider celui qui est stratégique de celui qui ne l’est pas. Partant de là, on pourra beaucoup plus facilement décider de cette règle 51/49 et de la façon de l’appliquer », a-t-il enchainé. Selon lui, les investisseurs qui apportent leur savoir-faire et transfèrent leurs brevets et licences doivent être distingués de ceux « qui n’apportent rien ». « Ceux qui viennent pour nous vendre des voitures, nous n’en avons pas besoin. Par contre, ce d’entre les investisseurs qui viennent pour nous transférer leur savoir-faire et qui nous donnent la possibilité de produire aux normes internationales et nous ouvrir des marchés maghrébins ou africains, on devrait leur donner un plus par rapport aux autres », a analysé le patron du FCE.

Le système bancaire demeure toujours aussi lourd

Interrogé sur le secteur bancaire, M. Hamiani a souligné le monopole du secteur public qui s’accapare de 90% du marché tandis que les banques privées étrangères restent confinées dans le commerce. « Au FCE, nous souhaiterions qu’il y ait plus de concurrents, plus de compétition et davantage d’émulation », a indiqué Réda Hamiani. Le système bancaire algérien demeure caractérisé, selon le patron du FCE, par sa lourdeur. «L’ouverture des lignes de crédits au niveau des banques publiques prennent trop de temps », a-t-il fait savoir. Pour le patron du FCE, la contrainte essentielle dans le système bancaire algérien réside dans le fait qu’au niveau des banques publiques on en soit encore attaché à la « culture de la garantie ». Pas de crédit sans garantie. « Si vous n’avez pas un terrain, un immeuble ou une villa à offrir vous n’êtes pas éligibles au financement qui est prévu. L’Etat a essayé de corriger en créant des fonds et des caisses de garantie. Cela fonctionne mais pas au niveau de nos attentes », a précisé Réda Hemiani qui recommande plus de réactivité de la part des banques publiques.

Incohérence du système économique

D’autre part, Réda Hemiani estime qu’il il y a un problème de cohérence du système économique national. Pour lui, l’Algérie est en train de chercher un point d’équilibre entre deux extrêmes : une politique ultra libérale d’un côté, et de l’autre l’impérieuse nécessité de sauvegarder la production nationale et réduire l’importation. « L’Algérie qui est engagée dans une politique d’ouverture globale se traduisant notamment par un partenariat avec l’Union européenne (UE) qui prévoit qu’ en 2020, il devrait y avoir une zone de libre-échange, et un partenariat avec la Grande zone arabe de libre échange (GZALE), est confrontée à la difficulté de garder ce cap libéral dans les échanges tout en protégeant sa production nationale », souligne Hamiani. Or, la promotion de la production nationale passe inévitablement par un encouragement de la production nationale, enchaine-t-il. Et la meilleure façon de le faire c’est d’éviter absolument de nouvelles pertes des parts de marché de notre économie. « La seule façon d’y parvenir consiste à limiter les importations », observe-t-il.

Sonatrach et Sonelgaz pour dynamiser la Bourse d’Alger

A propos de la dynamisation de la Bourse d’Alger, le patron du FCE préconise d’y introduire les grandes entreprises nationales à l’instar de la Sonatrach et la Sonelgaz, ajoutant que les PME ne peuvent pas participer à l’animation de la place boursière. Dans la foulée, Réda Hamiani fait part des difficultés qu’ont certains opérateurs à revendre leurs titres comme il a eu à le constater lui-même. Il déplore qu’il n’y ait « personne pour promouvoir les titres en Bourse et cela c’est de la responsabilité des banques publiques ».  Interrogé sur la position de l’organisation patronale par rapport à la nouvelle équipe gouvernementale, Réda Hamiani indique qu’il a « un a priori  favorable » vis-à-vis du gouvernement Sellal III. Il se donne le temps nécessaire pour juger de la bonne (ou mauvaise foi) de l’action de ce gouvernement. l’invité de Liberté s’étonne de la disparition dans le staff Sellal III du ministère chargé de la réforme du service public « qui est un ministère qui avait sa place