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Au café presse du jeudi, un air de déprime. (Ph Y.Bouktache)

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 Le café presse du jeudi se déroulait au moment où des manifestants tentaient, au milieu d’un énorme quadrillage policier, de dire une nouvelle fois, leur refus d’un quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Les images diffusées par la télévision du chef de l’Etat s’exprimant laborieusement devant le président du conseil constitutionnel, Mourad Medelci, ont suscité du malaise, de la consternation. Et, une fois de plus, l’incompréhension à l’égard de ce film du 4ème mandat que le régime va jouer jusqu’au bout, selon les participants au Café presse. Mais si l’indignation est bien là et s’exprime fortement via les réseaux sociaux, le mouvement Barakat ou dans le langage très direct des supporters d’El Harrach – ils ont fait le refrain le plus radicalement décapant sur le 4ème mandat -, cela ne change pas le rapport de forces.

Que représente le mouvement Barakat ? Une colère qui révèle l’ampleur de l’impasse avec une crise du militantisme et de la représentation de la société ? Une rupture générationnelle où les 20-40 ans s’insurgent et ne comptent pas se laisser faire comme les 50-60 ans qui ont subi la tutelle des aînés sans marquer l’histoire, sans faire l’histoire ? La grande cassure des années 90 ne joue-t-elle pas un rôle de dissuasion dans l’implication des classes populaires dans les batailles politiques.

A ces questions sur les tendances lourdes du rapport des algériens à la politique et au régime, le Café Presse a discuté de l’immédiat en se concentrant sur le cas Ali Benflis ? Le scénario jugé « intelligent » qui consiste à ce qu’Ali Benflis l’emporte le 17 avril face à Bouteflika ou lui impose un second tour n’a pas vraiment les faveurs. Ali Benflis devient pour le régime un acteur important de l’opération électorale, il sert à lui donner le niveau « minimal » de crédibilité. Quelle marge de manœuvre reste à Benflis ? Mener une campagne « violente » contre le 4ème mandat pour pouvoir « exister » ? Si l’indignation qui s’exprime en Algérie n’a pas de traduction politique, le modeste « mouvement » de Bouteflika à Benflis ne parait pas à l’ordre du jour d’une élection « pliée ».