Algérie CPP Radio M
Les manuels d’histoire ne parlent pas du 20 avril 1980.
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Le CPP dérape de nouveau. Le Café Presse Politique de Radio M devait discuter de la question identitaire à l’occasion du 20 avril. Il a parlé de la question démocratique, pour apprendre que Ferhat Mehenni tapait dans la caisse du MAK.

Le CPP a réussi un joli contre-pied, en évoquant la commémoration du 20 avril. Au Café Presse Politique de Radio M, les avis ont largement convergé, jeudi, pour dire que la revendication amazighe est d’abord une question démocratique. Non, ce n’est pas un partisan du président Bouteflika qui parle, ni un supporter du pouvoir. C’est El Kadi Ihsane, qui a purgé six mois de prison dans les années 1980. Au cours du Café Presse Politique de Radio M, jeudi 23 avril, El Kadi Ihsane a déclaré que « le volet identitaire » de la revendication amazigh « a été largement pris en charge ». « Les choses ont avancé », dit-il. Il y a eu « de très grand progrès », et « les Algériens sont beaucoup plus à l’aise » sur ce terrain. « Aujourd’hui, c’est institutionnalisé, tamazight est langue nationale », et ce sera un jour une langue officielle. C’est juste « une carte entre les mains du pouvoir » qui l’utilisera pour en tirer profit.

Dans le même sens, Saïd Djaafar estime que « le pouvoir est prêt à donner tamazight si la société oublie le reste » des revendications. Mais aujourd’hui, cette question « fait partie du blocage politique ». Mais un consensus s’est fait au CPP : la revendication amazigh est d’abord une question démocratique. Abed Charef n’hésite pas à dire que « la revendication démocratique est découpée en tranches, chacun y prend ce qui lui convient ». Pour lui, le problème est « mal posé ».

Où aura lieu la nouvelle explosion ?

Face à des revendications démocratiques, le pouvoir ne répond pas. Ce qui débouche sur des crispations. Les plus faciles, et en même les plus dangereuses, sont les crispations régionalistes identitaires et régionalistes. « Quand on n’arrive pas à poser correctement un problème politique, on revient à la tribu, au clan », dit-il.

El Kadi Ihsane note toutefois que « ceux qui posent le problème ne sont pas forcément des gens qui veulent la pagaille. Il y avait un véritable ostracisme » sur le sujet. Il prédit « une nouvelle explosion en vue », qui risque, cette-fois, d’être menée non par les acteurs traditionnels, université, intellectuels et syndicats, mais par le MAK. « Face à une non réponse du pouvoir, l’engrenage est inévitable », dit dans le même sens, Abed Charef, qui se demande toutefois si le dérapage n’aura pas lieu à In-Salah ou dans le sud. « Le pouvoir pense qu’en ne faisant rien, il maintient le statuquo. Or, les choses se dégradent », dit-il. Alors que Saïd Djaafar souligne que l’expérience des arouch, un moment de « régression politique », a montré le danger de déclasser « les partis insérés dans le débat politique ».

« Gouvernance autoritaire et brutale »

S’agit-il d’une question prioritaire, demande Souhila Benali. Khaled Drareni se demande si l’officialisation de tamazight va régler les problèmes. Le bilan dans le domaine de l’éducation est mauvais, rappelle El Kadi Ihsane. Il n’y a pas eu assez de formation, et il y a un problème de normes. « Le temps ne résout rien, il est plutôt contre nous », affirme Saïd Djaafar. Le pouvoir agit avec l’idée de « neutraliser la question politique ». Abed Charef ne veut pas parler de problème identitaire, considérant que « c’est une question démocratique ». « C’est un problème de gouvernance autoritaire et brutale », pour El Kadi Ihsane. « Il y a toujours eu une dimension profondément démocratique dans la revendication identitaire ».

Khaled Drareni rappelle que « les manuels d’histoire ne parlent pas d’avril 1980 » et que « les nouvelles générations ne savent pas ce qui s’est passé » à cette date, alors qu’aujourd’hui, « on parle du MAK dans les médias privés ». El Kadi Ihsane note que le MAK est divisé en deux directions. Ferhat Mehenni, dirigeant le plus connu du MAK, a détourné beaucoup d’argent, « c’est de notoriété publique », dit-il. Un argent venu « y compris de puissances hostiles à l’Algérie », dit-il.

Le drame des migrants africains

Le CPP a aussi évoqué le drame des centaines de migrants africains morts en Méditerranée. Avec des avis divergents. Au-delà de la condamnation et de l’émotion suscitée par cette succession de tragédies, le CPP a tenté de savoir s’il y a des politiques alternatives. Qui peut les mener ? Comment, et avec qui ? L’Algérie a-t-elle une responsabilité ? Laquelle ?

L’Afrique subsaharienne, un marché pour les produits algériens, peut-elle devenir une source de main d’œuvre ? Comment regarder les migrants africains ? Sous quel angle : économique, sécuritaire, politique, ou simplement humanitaire ?

Extraits vidéo : http://bit.ly/1z1rp9R

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