Hocine Nouacer - Youcef Yousfi
Hocine Nouacer, PDG d’Aurès Solaire avec le ministre de l’énergie, Youcef Yousfi (Ph Facebook)

 Hocine Nouacer - Youcef Yousfi

L’entreprise privée Aurès Solaire se lance dans la fabrication des panneaux photovoltaïques de dernière génération. Son PDG, Hocine Nouacer, envisage les choses avec optimisme. 75% de la production est destinée à l’export.


 

 Créée en 2012 selon la règle 51/49%, cette société mixte algéro française, est en phase de réalisation d’une usine de fabrication de panneaux photovoltaïques à Batna où est situé son siège social. L’unité est achevée à hauteur de 80%, souligne M. Nouacer. La production qui devra commencer dès le mois de mai 2014, portera sur près de 25 mégawatts par an, soit l’équivalent de près de 100.000 panneaux solaires d’une capacité de 240 mégawatts par an. Le coût du projet est de 10 millions d’euros. « Nous dédierons 75% de notre production à l’exportation. Nous avons un plan de charge pour l’exportation de nos panneaux vers le Moyen orient et cela pour les trois années à venir. On exportera aussi vers l’Europe », affirme notre interlocuteur. La première ligne actuellement en cours de réalisation est une ligne très sophistiquée. Elle porte sur un panneau plat avec une capacité et une reprise d’énergie un peu plus évoluée que le panneau traditionnel », détaille son partenaire français, Jean Jacques Guilbert. « En fait, nous appliquons la technologie NICE (New industrial cells encapsulation). Cette technologie n’existe pas encore en Algérie, et même en Europe, elle est nouvellement appliquée », note Nouacer. Les modules bénéficient de l’excellence technologique pour afficher une durabilité et performance à haute épreuve. De plus, ils (les modules) sont faciles à intégrer dans les bâtiments, façades et toitures et sont esthétiques. « La technologie NICE est moins chère et fiable comparée à la technologie standard. Ses autres avantages sont nombreux : une durée de 30 ans, une excellente résistance aux conditions climatiques extrêmes (forte humidité, chaleur), une très faible dégradation de la puissance dans le temps, et un esthétisme soigné. Aussi, le panneau que nous fabriquerons génèrera une énergie de 240 Watts (contre 50 Watts pour les panneaux standards) », ajoutent les deux entrepreneurs.

S’adapter à la demande locale

Sur le marché national, la société Aurès Solaire est seule à opérer. Cependant, la tâche est loin acquise. La société ne peut pas commercialiser ses produits en Algérie. Pour cause : la technologie NICE, en vogue au Moyen orient et en Europe, ne semble pas trouver grâce aux yeux de la Société nationale d’électricité et du gaz, Sonelgaz, qui s’accroche encore au modèle standard. « Cela fait sept ans que cette technologie est utilisée à l’étranger. Ici, en Algérie, on a du mal à l’adopter.  C’est pour cette raison que nous avons décidé de mettre en place deux lignes : une première ligne de production hypersophistiquée dont la production sera tournée vers l’exportation ; et une seconde ligne traditionnelle (standard) consacrée à la demande locale algérienne », explique Jean Jacques Guilbert.

Sonelgaz a mis en place un système basé exclusivement sur le modèle standard alors que les pays du Moyen orient à l’instar de l’Arabie Saoudite, sont très en avance sur la technologie NICE. « Ce qui est intéressant c’est que la production des panneaux NICE est super compétitive par rapport à la Chine et les USA, qui sont les seuls constructeurs. En Europe, où l’on ne procède qu’au montage, les produits sont loin d’être compétitifs par rapport à ceux fabriqués dans une usine algérienne », insistent nos interlocuteurs. « On voudrait rester dans le conventionnel du photovoltaïque parce que Sonelgaz actuellement n’achète que ce qu’elle connait avec un recul d’une vingtaine d’années.  Aujourd’hui, la grande difficulté en Algérie c’est que tous les appels d’offres ont été pris et gagnés avec du matériel chinois. Ce sont les chinois sur le plan mondial qui sont les plus performants, mais leur technologie est quand même restée très linéaire. C’est pour cela que nous nous sommes engagés à faire quelque chose d’un peu plus sophistiqué que l’on peut revendre en Europe grâce à la qualité reconnue de nos produits », note M. Guilbert.

Une trentaine d’ingénieurs recrutés

Aurès Solaire insiste particulièrement sur la formation. Aurès Solaire a déjà signé une convention avec l’université de Batna pour former des techniciens et des ingénieurs dans le domaine des énergies renouvelables. « Nous comptons justement nous appuyer sur cette ressource humaine qualifiée pour développer l’entreprise », explique Hocine Nouacer. « Pour nous, la formation des jeunes est primordiale. Nous avons déjà une société de formation en électronique au sein même de l’université de Batna, mais nous avons décidé depuis quelques mois de passer à la formation dans le domaine du renouvelable », précise-t-il.  Cette ressource qualifiée constitue la colonne vertébrale de l’entreprise. « Nous avons déjà commencé par employer une soixantaine de salariés entre ingénieurs et docteurs d’Etat. A terme, nous pourrons atteindre jusqu’à 150 employés pour la plupart des diplômés universitaires », se félicite Nouacer Hocine.