L’incendie du terminal de stockage pétrolier menace de détruire une partie de la capitale Tripoli (DR)

La Libye qui dépend à plus de 95 % des exportations des hydrocarbures qui couvrent 75 % des revenus du pays a été durement affectée, ces derniers mois, par l’effet combiné de la chute des prix du pétrole sur les cours mondiaux et la baisse drastique de la production.

 

Les Etats-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et l’Espagne, ont exprimé leur inquiétude, ce samedi,  quant aux risques de faillite qu’encourt  la Libye si la production pétrolière et les cours sur les marchés internationaux continuent de baisser.

« Compte tenu de la faiblesse de la production de pétrole et des cours, la Libye fait face à un déficit budgétaire qui peut potentiellement absorber toutes ses recettes financières si la situation ne se stabilise pas », lit-on dans un communiqué, repris par l’AFP.

La Libye qui dépend à plus de 95 % des exportations des hydrocarbures qui couvrent 75 % des revenus du pays a été durement affectée, ces derniers mois, par l’effet combiné de la chute des prix du pétrole sur les cours mondiaux et la baisse drastique de la production.

La production des hydrocarbures est tombée à moins de 350.000 barils par jour, contre 1,6 millions b/j avant la révolte de 2011 qui a vu la chute du régime du colonel El Kadhafi.

 « Le pays a accumulé des réserves financières substantielles, mais la combinaison de prix bas et de production faible ont forcé le gouvernement à puiser dedans. Évaluées à 100 milliards de dollars en août 2014, ces réserves ont chuté de 20 % depuis le début de l’année et pourraient être épuisées en seulement quatre ans si la situation actuelle perdure », prévenu la Banque mondiale dans son dernier bulletin trimestriel. L’institution financière a mis en garde contre les conséquences de la baisse des recettes pétrolières surtout « si les factions politiques ne parviennent pas à trouver un accord ».

Loin d’une solution rapide à la crise

Sur le terrain, les ingrédients pour une solution rapide à la crise politique  ne sont pas encore réunis. La réunion Onusienne de Genève s’est soldée par un échec et les combats se poursuivent autour du Croissant pétrolier. Les villes du Nord connaissent un regain de violence, fait d’affrontements entre l’armée nationale libyenne et les groupes et milices armés.

Des tribus libyennes dont la grande tribu de Kafra au sud est du pays, refusent catégoriquement la participation de certaines milices armées comme Fadjr Libya au dialogue inter-libyen, comme proposé   mardi dernier par l’émissaire des Nations Unies Bernardino Leon.

Attendu pour les prochains jours en Libye, ce dialogue qui tâtonne depuis septembre dernier, en raison du refus de chacun des parlements ( Tripoli et Tobrouk) de reconnaitre l’autre comme partie légitime de ce dialogue, pourrait néanmoins s’accélérer si les deux belligérants acceptent l’initiative de résolution de cette crise constitutionnelle, formulée ce samedi  par l’ancien parlementaire libyen du Congrès Général National (CGN) Djomaa Atika.

Cette initiative consiste en la création d’une Assemblée Nationale provisoire qui se composera de 10 élus de chaque parlement, représentant les trois régions du pays. Cette Assemblée sera en charge du pouvoir législatif, élira un gouvernement d’union nationale, puis organisera des élections. Les deux parlements disent soumettre cette initiative à l’étude.