Le marché des fruits et légumes reste marqué par un important décalage entre les prix du gros et ceux du détail. L’écart est important, et la baisse des prix du gros n’a pas d’impact immédiat sur les consommateurs.

 

Le retour du beau temps a provoqué une baisse sensible des prix des fruits et légumes sur les marchés de gros en Algérie, notamment au centre et à l’ouest, mais cette évolution tarde à se répercuter chez les détaillants. Le niveau des prix est en effet anormalement élevé chez ces derniers, avec un décalage remarqué, qui leur assure une marge significative.

Une certaine tension avait été enregistrée sur les marchés, insuffisamment approvisionnés en produits frais, en raison d’un épisode pluvieux exceptionnel. Des pluies ont été enregistrées, sans interruption, du 20 janvier à fin février, rappelle un fellah, qui fait état de sérieuses difficultés de procéder aux récoltes. Le résultat était inévitable. L’offre pour la plupart des produits frais a connu une baisse sensible fin janvier et durant tout le mois de février, ce qui a entrainé une hausse sensible des prix. Une hausse symbolisée par la pomme de terre qui avait dépassé le seuil de 60 dinars le kilo.

Le beau temps, revenu depuis une semaine dans l’ouest et le centre, a permis une reprise significative des récoltes, ce qui a eu un  impact immédiat sur les prix. Ceux-ci ont commencé à refluer en début de semaine, pour revenir à un niveau très abordable à partir de mardi.

Reflux

La pomme de terre, produit phare des marchés, est cédée à 45-50 dinars, bien qu’on soit en fin de saison, avec une offre relativement réduite. Le déstockage de la pomme de terre est d’ailleurs imminent, avec la période creuse, qui s’étend entre la mi-mars et la mi-avril, jusqu’à l’arrivée de la production primeur de Mostaganem.

Les produits de saison ont aussi chuté sur le marché de gros. Les petits pois, dont la récolte a été à peine entamée, sont à 50-60 dinars, les artichauts à 40 dinars, les fèves à moins de 50 dinars, alors que carottes, navets et oignons dépassent difficilement le seuil de 20 dinars. Les produits cultivés sous serre ont eux aussi accompagné le mouvement à la baisse, avec la tomate à 50-70 dinars, la courgette à 70 dinars et les poivrons à 60 dinars.

Les oranges, fruit phare du moment, sont en fin de saison. Malgré cela, elles ont connu une baisse, à 60-70 dinars. A signaler que la récolte d’orange a été exceptionnelle cette année, avec une production abondante et de bonne qualité, mais restée à un niveau de prix élevé en raison des conditions climatiques et de l’absence de produits concurrents : la banane frôle les 200 dinars et les pommes de bonne qualité se rapprochent de ce seuil.

Les détaillants ne suivent pas

Un commerçant opérant en Mostaganem, Chlef et Boufarik rappelle que ces prix enregistrés sur les marchés de gros sont accueillis avec prudence par les détaillants des grandes villes. Ceux-ci devraient maintenir les prix antérieurs pendant une dizaine de jours, avant d’amorcer une baisse. A l’inverse, quand les prix augmentent, la hausse est immédiatement répercutée. Ceci est d’autant plus incompréhensible que de nombreux détaillants s’approvisionnent au jour le jour, et connaissent l’évolution des prix. Une autre pression est exercée sur les détaillants par les marchands ambulants, qui proposent des prix proches de ceux des marchés de gros. Cette pression se limite cependant aux quartiers populaires et à la périphérie des villes, ce qui limite son impact.