Le bilan de la première phase de la réforme du régime de change que le Maroc a entamée en janvier 2017 est « positif », a affirmé, mardi à Rabat, le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri.

« C’est un bilan positif comme en témoignent les chiffres et le fonctionnement du marché interbancaire des devises qui prend de jour en jour en maturité », a indiqué M. Jouahri lors d’une conférence de presse, à l’issue de la première session du Conseil de Bank Al-Maghrib au titre de l’année 2019.

Le marché interbancaire des devises s’auto-suffit, les banques n’ayant pas fait appel à la Banque centrale depuis mars 2018, ce qui signifie qu’elles ont les devises nécessaires pour répondre aux besoins de la clientèle, a-t-il expliqué.

Bank Al-Maghrib pense que le bilan des 15 mois de mise en oeuvre de la réforme du régime de change est « positif car tous les indices sont bons », a-t-il souligné, notant que la Banque centrale envisage de tenir le 18 avril prochain une réunion avec les banques et la CGEM pour avoir leur appréciation à ce sujet.

Il est fondamental d’avoir l’opinion des acteurs économiques avant de décider du passage à la deuxième phase de la réforme, a-t-il dit, notant qu’il est aussi nécessaire de s’assurer que les petites entreprises en relation avec les marchés extérieurs ont véritablement assimilé la réforme et pris les dispositions pour utiliser l’ensemble des outils mis à leur disposition dans le cadre du régime de change flexible.

M. Jouahri a en outre souligné que le passage à la deuxième phase de la réforme n’est pas pour demain même si aujourd’hui les prérequis fondamentaux pour le faire sont pleinement satisfaits à savoir les réserves de change, la soutenabilité budgétaire, la résilience du système bancaire, la profondeur du marché et la maitrise de l’inflation.

La réforme pour un régime de changes flexible vise deux objectifs: absorber les chocs extérieurs et soutenir la politique de compétitivité du gouvernement et des opérateurs économiques marocains, a-t-il rappelé, s’interrogeant à cet égard si « sommes-nous face à des chocs exogènes qui justifient le passage à la deuxième phase de la réforme? ».

Le Wali de Bank Al-Maghrib a tenu à souligner à ce propos que quand le Maroc décidera de mettre en oeuvre la deuxième phase de la réforme, il le fera dans la transparence et dans le cadre d’une démarche participative à travers l’information et la sensibilisation de l’ensemble des acteurs comme ce fut le cas au moment du lancement de cette réforme.

Par ailleurs, M. Jouahri a annoncé deux sorties du Trésor sur le marché international, une en 2019 et une autre en 2020, précisant que le montant devrait atteindre les 11 milliards de dirhams à chaque opération