Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (photo :Reuters/Ints Kalnins).

Si aucun accord n’est convenu le 30 juin, Athènes a averti qu’elle ne s’acquitterait pas des 1,6 milliards d’euros auprès du FMI, en échange des 7,2 milliards d’euros.

 

 

En résistant à l’intransigeance et aux ultimatums répétés de ses créanciers, Athènes agite les marchés financiers européens, qui subissent des baisses, sans qu’une contagion ne soit observée.

La hausse des taux de la FED et l’absence d’accord entre la Grèce et ses créanciers (Banque centrale européenne, Fonds monétaire international, Commission européenne) ont généré de l’inquiétude sur les marchés. Le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (FED) a, toutefois, indiqué que la hausse des taux d’intérêt annoncée serait progressive. L’annonce de leur hausse avait influé négativement sur le cours des marchés la semaine dernière.

A la clôture, on observait, en général, une baisse légère sur les places européennes. Le FTSE abandonne 1,10% tandis que l’EuroStoxx50 recule de 1,31%, contre 1,40% pour le Dax, l’EuroStoxx50 de 1,31%. Ces indices subissent ainsi une quatrième semaine de perte consécutive. Le FTSEurofirst 300 accuse, lui, une perte de 0,93%. Athènes a enregistré la perte la plus importante. La place grecque renonce à 11,25 % cette semaine.

Le CAC 40 gagne + 0,25%. Malgré cette avance, il perd 1,75% sur cinq jours et piétine toujours sous le seuil symbolique 4 900 points, au terme d’une quatrième semaine de baisse. A la clôture, l’indice piétinera timidement au-dessus de ce seuil symbolique.

S’agissant des sociétés cotées présentes en Algérie, Air Liquide perd – 0,44% à la clôture après avoir abandonné -1,94% la semaine dernière. Alcatel-Lucent enregistre + 0,96 %, l’assureur Axa – 0,51%. Côté secteur bancaire, BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale gagnent respectivement + 1%, + 0,84% et + 0,83%. Total recule de -0,40% après avoir reculé de -1,85 % la semaine dernière. Alstom prend + 0,66% après avoir achevé la session passée avec un gain de + 0,02%.

 

L’impact du casse-tête grec

 

Les créanciers de la Grèce semblent résignés à voir Tsipras reculer derrière ses « lignes rouges ». Athènes ne souhaite pas transiger sur les coupes pour les pensions et la hausse de la TVA. Ces renoncements mettraient le gouvernement en porte-à-faux avec le programme sur la base duquel Syriza a été élu.

Athènes a déjà fait un certain nombre de concessions. Les représentants grecs ne peuvent se targuer d’être inflexibles. Ils ont notamment renoncé à obtenir l’annulation d’une fraction de la dette publique après s’être montrés enclins à augmenter le salaire minimum de que façon progressive. De plus, Athènes consent à aligner sa législation en matière du droit du travail sur les accords de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’OCDE. Enfin, fait non moindre, par l’accord du 20 février, les Grecs ont également consenti à ne prendre « aucune mesure budgétaire unilatérale ». Sur les parcelles restantes de sa souveraineté, le gouvernement grec tente d’obtenir un plan d’aide soutenable, viable et juste. Si aucun accord n’est convenu le 30 juin, Athènes a averti qu’elle ne s’acquitterait pas des 1,6 milliards d’euros auprès du FMI, en échange des 7,2 milliards d’euros.

En tout état de cause, les agences de notation – Standard & Poor’s comme Moody’s affirment pour rassurer les marchés que le défaut de paiement ne sera pas forcément prononcé le 30 juin, en l’absence de remboursement hellénique. Ils expliquent qu’aux termes des statuts du FMI, la Grèce peut bénéficier de 30 jours de plus pour honorer ses échéances. Ils démentent au passage les propos de Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, qui a affirmé l’inverse. « La Grèce doit respecter ses obligations. Le paiement du 30 juin est définitif. Il n’y aura ni période de grâce, ni nouveau délai », a-t-elle déclaré, jeudi à Bruxelles. Le FMI étant un créancier institutionnel, la procédure de défaut ne sera pas enclenchée comme pour un créancier privé.

  

Bank run, le talon d’Achille ?

 

Les tentatives de résistances grecques se trouvent handicapées par la fuite des capitaux. Le système bancaire grec montre une très grande fragilité. Yanis Varoufakis a d’ailleurs déclaré « Nous sommes dangereusement proche d’un état d’esprit qui accepte un accident ». Les retraits des banques sont massifs depuis le mois de janvier. Ils atteindraient le montant de 25 milliards d’euros. La BCE, grâce aux fonds d’urgence de liquidité (ELA), est venue à la rescousse des banques grecques. La BCE a décidé d’augmenter de 1,1 milliard d’euros le plafond des liquidités disponibles mercredi avant de relever ce plafond à 1,8 milliards vendredi ; ce qui demeure en deçà des 3,5 milliards dont la Grèce estimait avoir besoin.

L’accélération des retraits ne peut être étrangère aux menaces de Grexit ni aux propos de certains responsables européens. L’agence Reuters a révélé une discussion entre le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et Benoît Cœuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne. Ce dernier déclarait, au sujet de la réouverture éventuelles des banques grecques vendredi : « Demain, oui, lundi, je ne sais pas. » La BCE n’a pas confirmé ces propos. Toutefois, elles esquissent un scénario chypriote.

En 2013, les banques chypriotes avaient été contraintes de baisser les volets. Fermées pour plusieurs jours, le temps d’imposer un contrôle de changes et de liquider la deuxième banque privée. La banque de Chypre avait hérité de ses comptes. Par ailleurs, les retraits étaient réduits, il était impossible de dépasser 300 euros par semaines. Enfin les dépôts qui excédaient 100 000 euros ont été taxés.

Les observateurs sont sceptiques face à la reproduction de ce scénario en Grèce. Les retraits bancaires ont atteint un stade d’avancement important, les Grecs ayant anticipé les choses. L’argent est thésaurisé ou investi. Ainsi, les ventes de Mercedes ont augmenté de 44% en avril. Les dépôts dans les banques étrangères s’élèvent à 400 milliards d’euros selon les estimations. La faillite de la Grèce et les conséquences de sa sortie de la zone euro laissent la porte ouverte à toutes les supputations, des plus relativistes aux scénarios catastrophistes. En attendant, les yeux seront rivés sur le sommet européen prévu le lundi 22 juin 2015.

 

Une bulle chinoise ?

 

Le son de cloche n’est pas plus positif ailleurs. Après avoir atteint des records la semaine passé, les marchés chinois subissent un effet de correction. Le Shanghai Composite stock index a dépassé les 5 000 points pour la première fois en sept ans, la semaine dernière, en finissant la semaine à + 2,85%. Cette hausse s’ajoutait à celle de 8.92% de la semaine précédente qui faisait suite à une augmentation de 8.10% la semaine d’avant. Shanghai et Shenzen combinées avaient dépassé le seuil les 10.000 milliards. vendredi 19 juin, à la clôture, Shangaï accusait une perte de 12,9% en une semaine, notamment en raison de la baisse de Aluminum Corp. of China Ltd et de Air China ltd. Il s’agit de la plus grande perte depuis 2008.

Les analystes décèlent l’existence d’une bulle. La China State Construction Engineering Corporation (CSCEC), présente en Algérie, finit à – 0,74 %.