Bouteflika Campagne électorale
Parodier sur le Net les sorties de Sellal, c’est l’arme fatale des anti-4e mandat.

Bouteflika Campagne électorale

 

En plus des moyens colossaux mis à la disposition du « candidat sortant », dont une chaine de télé spéciale élection présidentielle, et un support indéfectible des médias publics, l’équipe de campagne Abdelaziz Bouteflika a investi le Web, comme support d’appoint.

 

Avant son lancement officiel sur le terrain, le 16 mars dernier, la campagne électorale pour la présidentielle du 17 avril 2014 pour la reconduction du président en exercice, Abdelaziz Bouteflika, a débuté plus tôt avec les visites de « Premier ministre » dans 48 wilayas du pays, et sur le Web avec le lancement de la page Facebook de Abdelmalek Sellal à la mi-janvier consacrée au bilan du président qu’on voit à l’arrière-plan de photo de profil de Sellal. Dans cette partie de la campagne 2.0, que se livrent certains candidats, le staff de Bouteflika a mis les gros moyens avec le lancement du site multimédias www.abdelaziz-bouteflika.com, avec une WebTV, une WebRadio, des podcasts et des articles retraçant le parcours du candidat, son programme et son bilan des 15 années aux commandes de l’Etat. Le site est une plate-forme riche en informations qui diffuse en direct l’agenda et l’actualité de la campagne du président-candidat.

Une présence agressive sur Facebook

Sur les réseaux sociaux, Abdelaziz Bouteflika est présent sur Facebook, le média social le plus populaire en Algérie, avec plus de 4 millions de comptes actifs, depuis le 23 février 2014, coïncidant avec l’annonce officielle de la candidature à la présidence de Bouteflika, faite par Sellal à Oran. Sa page Facebook rassemble plus de 264.000 fans, à côté de la page de Abdelmalek Sellal qui en compte 230.000. Les deux pages « sponsorisées » diffusent les mêmes actualités relatives à la campagne électorale, et la présentation du bilan du président à coup de slogan populistes. Les « Posts » sont soigneusement sélectionnés par les administrateurs des pages. Aucune voix discordante dans chaque publication qui rassemble en moyenne 150 Posts, 20 partages et 200 «j’aime».

Sur Twitter, l’équipe de campagne a une présence timide. Le compte @BOUTEFLIKACOM créé dans la hâte, le 18 mars, à l’occasion du lancement du site officiel de la campagne, ne réunit que 42 followers et 100 tweets. Mais ce n’est pas pour autant un fiasco lorsqu’on sait que le nombre d’utilisateurs algériens du célèbre réseau social américain ne représentent que quelques milliers. Sur Youtube, le staff de campagne de Bouteflika n’a pas songé à créer une chaine sur le site de partage de vidéo, comptant seulement sur le site de campagne qui rassemble de nombreuses vidéos. Une erreur monumentale, puisque la visibilité de ce dernier récemment créé dispose d’une visibilité quasi-nulle comparée à Youtube.

Risques et périls de la planète DZ

Il faut signaler que l’équipe de campagne, qui veut se frayer un espace dans la planète dz, accaparée essentiellement par les opposants au quatrième mandat de Bouteflika, n’arrive pas à s’imposer. Cette équipe n’a pas pris la mesure des risques et périls du monde 2.0, déjà investi par leurs opposants depuis plusieurs mois. Sans compter que la liberté que confère le Web (à peu de frais), et la mobilisation plus ou moins tardive sur les réseaux, lui ont valu quelques contrecoups. « Bouteflika 2014 », un site, en apparence dédié à la campagne du président, est en fait un site de contre-campagne sous le slogan « Boycottez massivement la mascarade du 17 Avril ». Les opposants au quatrième mandat l’ont créé pour critiquer le président et son bilan. Sur les réseaux sociaux, des comptes et des pages, en apparence acquis au président ne tarissent pas en parodies sur les sorties médiatiques du staff de campagne de Bouteflika, et en particulier de celui qui est appelé « l’inénarrable Abdelmalek Sellal » et ses sorties toutes en « finesse ».