Selon le patron du groupe Hasnaoui,le système actuel est à l’origine d’une « demande surfaite » mais il est aussi responsable d’une production de « logements au rabais », qu’il faut « reconstruire tous les 20 ou 30 ans » et qui coûtent « extrêmement cher à la collectivité ».

 

 

Brahim Hasnaoui, qui était hier l’invité du Direct de Radio M., est, depuis près de 40 ans, à la tête d’un des plus grands groupes privés algériens de promotion immobilière : le groupe Hasnaoui. Il est convaincu que la politique de l’habitat mise en œuvre par les pouvoirs publics dans notre pays entretient, depuis des décennies, une rareté artificielle et fait perdurer, quelle que soit la quantité de logements livrés, une éternelle « crise du logement ».

Dans les conditions actuelles, « personne ne peut maîtriser la demande réelle », a assuré cet entrepreneur, qui mentionne, entre autres exemples, les centaines de milliers de logements inoccupés ou encore le cas du logement rural dans les wilayas de l’Ouest, qu’il connaît bien et où « 80% des logements réalisés dans le cadre de cette formule ne serviront à rien et entretiennent une demande basée sur un simple effet d’aubaine ».

Pour Brahim Hasnaoui, non seulement le système actuel est à l’origine d’une « demande surfaite » mais il est aussi responsable d’une production de « logements au rabais », qu’il faut « reconstruire tous les 20 ou 30 ans et qui coûtera en bout de course extrêmement cher à la collectivité ».

 

« Mettre fin à la distribution gratuite de logements »

 

Pour sortir de cette situation, le point de départ pour le patron du groupe Hasnaoui est très simple : « Il faut mettre fin à la distribution gratuite du logement. Le citoyen algérien doit faire l’effort nécessaire, ainsi que c’est le cas dans tous les pays du monde, pour acheter son logement. » Il propose une réforme en profondeur, basée sur le renforcement de la solvabilité des demandeurs et l’ouverture d’un marché du foncier : « La politique actuelle du logement bloque la machine. Il s’agit d’abord de réorienter le système des aides vers l’acquéreur. »

L’objectif devrait être, a expliqué Brahim Hasnaoui sur les ondes de Maghreb M., de permettre la migration de tous vers un habitat de plus grand confort et pour cela, il faut « relever l’aide directe actuelle de 700.000 dinars à un million de dinars, avec un apport en épargne personnelle de 500.000 dinars et un crédit bancaire remboursable sur 30 à 40 ans de 2 millions de dinars ». On arriverait ainsi à des logements d’un prix minimum de « 3,5 à 4 millions de dinars accessibles même pour un salarié aux revenus modestes ». Des logements produits essentiellement par des promoteurs privés ou publics qui pourront être dotés de toutes les commodités et permettront de négocier le virage de la qualité de l’habitat auquel aspirent les citoyens.

Et la fraction de la demande qui demeure trop insolvable pour accéder à des logements promotionnels ? Dans la réforme proposée par Brahim Hasnaoui, le logement social doit décliner dans le budget de l’Etat pour n’aller qu’aux plus nécessiteux et le principe est que l’immense majorité des ménages puissent acheter à terme leur logement. Pour lui, les revenus produits par la production du logement promotionnel au bénéfice des collectivités locales peuvent suffire au financement d’une offre de logements sociaux fortement révisée en baisse.

 

« Les banques au cœur du dispositif »

 

Dans la démarche prônée par Brahim Hasnaoui, le système bancaire joue un rôle essentiel. Il s’agit de passer d’un système de financement du logement basé principalement sur les fonds publics à une généralisation du crédit immobilier hypothécaire.

Dans cette démarche, si le citoyen doit faire sa part de travail et comprendre que l’acquisition d’un logement est souvent le fruit et le principal stimulant d’une vie de travail, le système bancaire lui aussi doit accomplir sa mutation : « Le risque est très faible dans le logement pour les banques. Le produit se garantit lui-même. La limite d’âge devrait être éliminée par les banques pour octroyer un crédit. » Les promoteurs eux-mêmes, a déclaré Brahim Hasnaoui, devraient être accompagnés par une banque au moment de la soumission pour l’acquisition d’un terrain. « Ils pourraient également inviter les acquéreurs à placer leur épargne chez leur partenaire bancaire, ce qui sera profitable à tous », a-t-il encore préconisé.

 

Extraits vidéo : http://bit.ly/1arCwgD

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