« On a voulu faire du renouvelable comme on faisait du conventionnel : plus le projet est gros moins, il est coûteux ».

 

« Les autorités algériennes doivent impérativement adopter des lois facilitant l’investissement dans le domaine des énergies renouvelables et profiter des avancées technologiques qui permettent désormais de réduire les coûts de production», a indiqué à Maghreb Emergent, Abdelaali Badache, ancien président de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg).

Le gouvernement algérien qui semble avoir mis de côté le dossier des énergies renouvelables, « ne doit pas oublier qu’il s’agit d’une question qui a été érigée au rang de priorité nationale par le président de la République », rappelle M.Badache.

L’ex-président de la Creg qui dit comprendre le fait que le gouvernement soit actuellement absorbé par les soucis financiers du pays, signale, néanmoins, que l’activation effective du programme nationale des énergies renouvelables ne nécessite pas de dépenses supplémentaires. « La question des énergies renouvelables ne concerne pas le Trésor public car tout ce que l’Etat algérien aura à faire c’est de mettre en place une réglementation qui facilitera aux opérateurs, qu’ils soient des entreprises ou des particuliers, d’investir dans les énergies renouvelables », explique-t-il, précisant que l’argument des problèmes financiers du pays ne tient pas la route.

« L’Egypte dont la situation financière n’est pas meilleure que celle de l’Algérie a réalisé de grandes avancées dans le domaine des énergies renouvelables. De même que l’Arabie saoudite qui produit dix fois plus d’hydrocarbures que l’Algérie n’a pas hésité à investir dans ce créneau », ajoute M. Badache. Au sujet de l’Arabie saoudite précisément, l’ancien responsable relève que ce pays est parvenu, dernièrement, à un prix considéré comme le plus bas au monde du kilowattheure en énergie solaire, un prix inférieur à deux dinars algériens. « C’est le moment de saisir l’opportunité des énergies renouvelables dont le coût est devenu beaucoup moins élevé qu’il y a quelques années », martèle-t-il.

Interrogé au sujet du projet de production de 4000 MW en énergies solaire dont l’appel d’offres n’a toujours pas été lancé alors qu’il devait l’être en janvier dernier, M. Badache pense que le problème avec ce projet c’est qu’il a été mis au point selon le schéma appliqué pour les énergies conventionnel. « On a voulu faire du renouvelable comme on faisait du conventionnel : plus le projet est gros moins, il est coûteux, alors que l’on peut produire du renouvelable sans investir beaucoup », explique-t-il.

L’idée à garder à l’esprit, souligne M. Badache, c’est que les énergies renouvelables est l’affaire de tous, puisque « même un particulier qui met un panneau photovoltaïque sur son toit peut vendre l’excédent de sa consommation à la Sonelgaz. Les entreprises, quant à elles, n’auront qu’à produire de l’énergie selon leurs capacités propres ». Tout ceci ne sera véritablement possible, dit-il, qu’avec l’ouverture de ce marché à travers l’adoption d’une nouvelle réglementation. Une démarche qui ne coûtera rien à l’Etat algérien.

 

 

 

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