Les marchés ont connu une nouvelle progression des cours du blé jeudi dans un contexte de dégradation des estimations de production chez de nombreux grands exportateurs de blé, a-t-on appris via une une note de synthèse publiée par le cabinet Agritel.

En Europe, l’échéance Euronext Septembre 2020 est ainsi revenue traiter hier à 189 €/t son plus haut niveau depuis le 29 mai dernier.

En France, si la qualité est au rendez-vous, les échos de rendement en blé tendre sont à ce jour extrêmement hétérogènes allant du pire jusqu’au meilleur selon les régions. Le sud-ouest du pays qui termine d’ores et déjà la moisson apparaît comme fortement pénalisé. Les coupes devraient plus largement progresser au nord de la Seine la semaine prochaine, ce qui donnera une meilleure idée du potentiel national.

L’autre zone où les rendements sont en net déclin à ce jour en Europe est la région de Roumanie/Bulgarie. Avec notamment le ministre de l’Agriculture bulgare qui affichait hier une estimation de production de blé entre 4,5 et 4,9 Mt en recul de -25 % par rapport à l’an passé.

Il sera donc intéressant de suivre la production européenne de blé dans la publication ce soir du rapport mensuel de l’USDA. Rappelons qu’elle était de 141 Mt tous blés le mois dernier.

Le colza demeure quant à lui supporté par des rendements décevants en France. L’échéance Août 2020 sur Euronext retrouvait ainsi hier ses plus hauts niveaux traités depuis le 24 février dernier.

A noter sur l’huile de palme une baisse du stock malaisien à 1,9 Mt à fin juin d’après le rapport mensuel du MPOB paru ce vendredi matin. Ce recul supérieur aux attentes est essentiellement lié à de meilleurs exports que prévu en progression de près de 25 % sur juin.

Le marché américain

Outre Atlantic, le marché de Chicago est resté ferme hier dans l’attente du rapport mensuel WASDE de l’USDA à paraître ce vendredi soir à 18h (Paris). 

Dans ce contexte, les fonds sont présents aux achats pour 15 000 lots de maïs, 4 500 lots de soja et 7 000 lots de blé.

Le blé à Chicago a atteint hier un plus haut depuis deux mois supporté par les craintes de baisse de production chez les grands exportateurs.  Les ventes export hebdomadaires US de 326 000 t sont quant à elles plutôt dans le bas des attentes. 

Soja et maïs sont également très fermes sur fond de weather market. En effet, même si elles sont actuellement très versatiles, les prévisions météo aux Etats-Unis tablent majoritairement sur une élévation des températures pour les 2 prochaines semaines. Cela inquiète particulièrement pour le maïs dont la pleine période de floraison débute tout juste sur la Corn Belt. 

Côté exports, les ventes hebdomadaires sont plutôt bonnes en maïs et dans le haut des attentes à 1,008 Mt. En soja, les ventes export sont bonnes sur l’ancienne campagne mais décevantes sur la nouvelle récolte.

Le marché de la Mer Noir

Les opérateurs de la mer Noire suivront également avec intérêt la publication du rapport USDA. En céréales à paille, les ukrainiens attendent de l’USDA une révision à la baisse de la production de blé et d’orge. La Russie ne devrait pas faire l’objet de correction pour ces deux cultures.

Les producteurs ukrainiens anticipent également une revue à la baisse de la production de colza estimée à 4 Mt par l’USDA contre 2.8 Mt par nos soins. A ce titre, notons qu’à l’occasion de notre crop-tour en juin, nous n’avions pas eu l’occasion d’observer un ratio de 1 pour 5 entre les surfaces de colza et celles de blé d’hiver sur l’ensemble du sud-est qui contribue habituellement à 50 % de la sole de colza. Des surprises quant aux surfaces récoltées ne sont pas à écarter.

Avec Agritel