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Gaz de Schiste

Lors de sa première conférence de presse tenue au palais d’El Mouradia mercredi dernier, le président la République Abdelmadjid Tebboune a déclaré qu’il était selon lui « nécessaire » et « pas dangereux pour l’environnement » de recourir à l’exploration dite non conventionnelle des hydrocarbures de schiste.

Mais il se trouve que certains membres du gouvernement Djerrad nommé depuis un mois à peine, ont antérieurement pris des positions (ouvertement et publiquement) contraires à celle du président de la République, de manière farouche. Il s’agit en l’occurrence de Ferhat Ait Ali, ministre de l’Industrie et des Mines, et du Docteur Chems Eddine Chitour, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique.

Ferhat Ait Ali avait tenu des propos on ne peut plus clairs concernant le gaz de schiste, en déclarant dans une émission économique hebdomadaire (café des experts économiques) de Radio M, datant du 24 décembre 2018, qu’il s’agissait d’ « une blague de mauvais goût ». Et d’ajouter : « La durée de vie d’un puits de gaz de schiste est de 4 ans au maximum, avec une chute de 80% de son potentiel dès la deuxième année de son exploitation. Il faudrait creuser 2000 puits d’un coup pour avoir 20 milliards de mètres cubes de réserves».

Le Dr Chems Eddine Chitour, et mis à part ses nombreuses publications où il a abordé ce sujet (Quelles énergies pour demain ? les changements climatiques et le développement durable, ENAG éditions, 2007), a aussi exprimé son opinion lors d’une conférence intitulée « Algérie 2030, quelle alternative au gaz de schiste ? », organisée dans le cadre des TEDx Talks, le 4 juin 2014.

Il y a entre autres souligné que l’Algérie ne se trouvait pas en situation adéquate pour utiliser le gaz de schiste comme source d’énergie, vu l’existence parallèle de plusieurs possibilités d’exploitation raisonnable du pétrole. En octobre 2017, alors qu’il était président du laboratoire de valorisation des hydrocarbures, le ministre avait néanmoins tenu des propos plus mesurés en déclarant qu’il « fallait aller vers le gaz de schiste, mais dans le cadre d’une stratégie globale».

Kheireddine Batache