Agriculture Algérie
Des commissions travaillent d’arrache-pied pour élaborer la stratégie nationale des exportations permettant la diversification de l’économie nationale et des exportations et dont le rapport final sera élaboré avant la fin de l’année en cours, ce qui permettra de soumettre au gouvernement une vision claire sur cette question. La priorité semble avoir té donnée à l’agriculture.

Ainsi, huit (8) secteurs ont été identifiés comme prioritaires. Il s’agit des produits pharmaceutiques, les technologies d’information et de communication (TIC), les produits alimentaires et agricoles, les équipements de transport (composants automobile), l’électronique, les produits de la pétrochimie, les matériaux de construction, les cuirs, le textile et le tourisme.

Le groupe de travail chargé de l’élaboration du plan d’action national pour l’accompagnement des exportateurs de produits agricoles a soumis des propositions concernent plusieurs domaines dont les transports et la logistique, la métrologie, l’accréditation et l’évaluation de la conformité, l’offre exportable, les réglementations juridiques et financières

C’est très utile de penser à accompagner les exportateurs des produits agricoles mais qu’en est-il des agriculteurs fournisseurs de ces produits ?

On parle des produits agricoles comme si ils étaient créé par décision administrative ou alors qu’ils apparaissaient d’un de baguette magique ! Aucun mot n’est soufflé a propos des agriculteurs qui devront nous fournir ces produits exportables pour lesquels on élabore toute une stratégie !

On n’exporte pas l’excédent, on doit produire pour exporter !

Beaucoup de personnes y compris des responsables disent ‘’ on doit atteindre l’autosuffisance alimentaire et dégager un excédent à exporter ! ‘’ C’est totalement faux et si on résonne ainsi on ne pourra jamais gagner la bataille de l’exportation et nos produits ne trouveront jamais une place sur les marchés extérieurs

La production agricole à exporter doit être produite en tant que telle ! Des produits destinés à l’exportation, des produits certifiés, labellisés, en quantité suffisante et ayant qualité irréprochable. Cet objectif ne peut être réalisé que si l’on se tourne vers les agriculteurs, en leur offrant les outils nécessaires d’accompagnement et de soutien pour nous produire la contre-partie nécessaire à l’exportation.

Il faut tout d’abord cibler les produits susceptibles de conquérir des parts de marchés à l’international, des produits qui peuvent survivre dans un milieu concurrentiel pas du tout clément. Ces produits ne pouvant être obtenus avec les systèmes de production actuels qui ne s’articulent pas sur des bases techniques adéquates, la mise a niveau des agriculteurs est plus que nécessaire, leur inculquer les bonnes pratiques culturales nécessaires au respect strict de l’itinéraire technique des différents produits ciblés et leur apprendre à procéder techniquement lors de la conduite des cultures. L’utilisation raisonnée des fertilisants et autres produits phytosanitaires doit être respectée rigoureusement, le refoulement des produits agricoles dernièrement par divers pays pour cause de présence de pesticide doit nous servir de leçon et nous inciter a faire des efforts considérables dans ce domaine

Pérenniser les opérations d’exportation, clé de réussite du processus

Il est extrêmement importants que nos exportateurs respectent leurs engagements vis-à-vis de l’opérateur étranger concernant les quantités à exporter ainsi que le respect des délais, assurer une production pérenne est incontournable pour pérenniser également l’acte d’exportation, des ruptures répétées, de fourniture des produits agricoles pour les marchés extérieurs peut être fatal et portent atteinte à la « solvabilité » de nos exportateurs, si on arrive à gagner des parts de marchés il est dans notre intérêt de les préserver

Pourquoi un tel recul dans le processus d’exportation des produits agricoles ?

L’Algérie était connue pour être un pays exportateur de produits agricoles, cette réputation à disparu au fil des ans, le pays que jadis exportait tout un éventail de produits agricoles est devenu un pays presque totalement dépendant de l’étranger concernant les produits stratégiques à l’instar des céréales et du lait.

Durant l’année 1964 soit deux années après l’indépendance, notre pays a exporté 600 000 tonnes de céréales (blé tendre et orge), 240 000 tonnes d’agrumes, 26 000 tonnes de dattes et 55 000 tonnes de produits de la culture maraîchère (pomme de terre, carotte et tomate). Un demi siècle plus tard c’est un recul total, pire encore puisqu’on importe plus de 70% de nos besoins en céréales, l’exportation des dattes n’a connu également aucune évolution significative (on exporte actuellement 30 000 tonnes !), pour les agrumes l’Algérie à exporté 17 tonnes en 2017 !! a qui incombe la responsabilité cette situation ? On peut toujours dire que le développement du secteur agricole tout entier a été victime de la rente pétrolière ! Les recettes d’exportation des hydrocarbures couvraient largement l’importation de produits alimentaires !

L’agriculture comme alternative aux hydrocarbures, oui, mais ……

L’exportation des produits agricoles a enregistré donc un recul ‘’ flagrant’’ en dépit de tout les programmes de développement qui ont été appliqués et malgré les budgets faramineux qui ont été consommés……. l’agriculture comme alternative aux hydrocarbures suppose une exportation ‘’massive’’ des produits agricoles qui doit alimenter le trésor public avec des dizaines de milliards de dollars, où en est de cette situation alors qu’actuellement la valeur de l’exportation de ces produits n’excède pas les 40 millions de dollars dominée par les dattes avec une valeur de 37 millions de dollars , les autres produits ne figurent même pas dans les tableaux du commerce extérieur de l’Algérie !!!

On veut faire de l’agriculture une alternative aux hydrocarbures, mais a-t-on développé l’agriculture comme ça été le cas pour le secteur des hydrocarbures ? A-t-on équipé l’agriculture comme l’a été le secteur des hydrocarbures ? Pourquoi alors infliger à l’agriculture le rôle de substitut aux hydrocarbures … !!?

Aissa MANSEUR *

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* Expert en agriculture et conseiller à l’export