Les négociateurs étaient divisés mercredi sur un accord final, deux jours avant la clôture de la COP21,; qui doit absolument se terminer par un consensus général ouvrant la voie à une réduction d’au moins de 2 degrés des émissions de gaz à effet de serre.

 

 »Il y a des progrès, mais un énorme travail reste à accomplir. A deux jours de la clôture de la conférence mondiale sur le climat, Laurent Fabius, le président de la COP21, a présenté, mercredi 9 décembre à 15 heures, une nouvelle version du projet d’accord aux ministres et négociateurs », note dans sa version électronique le quotidien Le Monde. Selon Fabius, ce texte présente « une cartographie des progrès réalisés et des points de convergence qui restent à construire ». Par rapport au document de 48 pages adopté samedi, le texte a été réduit à 29 pages, et trois quarts des passages entre crochets – les formulations qui restaient à trancher – ont été supprimés. Des compromis ont émergé sur le renforcement de l’adaptation aux impacts du changement climatique, sur la question des pertes et des dommages ou encore sur la transparence du suivi des actions climatiques, selon Laurent Fabius. Du côté des divergences, les ministres et négociateurs doivent encore régler les épineuses questions de la différenciation des efforts entre pays riches et pays plus pauvres, du financement de la lutte contre le changement climatique et du « niveau d’ambition de l’accord ».

Quelle réduction ?

Sur ce dernier point crucial, dans l’article 2 qui doit définir la limite de réchauffement à ne pas dépasser, trois options restent notamment ouvertes : « maintenir le réchauffement climatique sous 2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle ; bien au-dessous de 2 °C [et augmenter [rapidement] les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5 °C] ; sous 1,5 °C. » Ce seuil divise profondément les 195 pays : les Etats les plus vulnérables au changement climatique, mais aussi de gros émetteurs tels que l’Australie et le Canada, soutiennent une limitation du réchauffement à 1,5 °C.

Nous avons progressé mais il reste encore pas mal de travail » avant d’aboutir à un « accord juridiquement contraignant, ambitieux, équilibré et durable », a souligné le président de la COP, cité par Le Monde. Après avoir remis le texte aux ministres et facilitateurs, il les a invités à démarrer sans plus attendre les consultations, avant une réunion vers 20 heures du Comité de Paris – l’instance créée par la présidence française pour évaluer quotidiennement l’état d’avancée des discussions. « Il faut nous préparer à avancer cette nuit et demain en vue de l’adoption d’un accord dans les délais fixés », a-t-il conclu.
La version finale de l’accord est censée être rendue dès demain jeudi. Il faudra ensuite en assurer la traduction et la validation juridique pour adoption le vendredi 11 décembre à 18 heures. Un rythme à marche forcée, dont certaines ONG se sont inquiétées, comme le WWF, qui craint que « des sujets fondamentaux disparaissent » dans ce sprint final.

Quels objectifs atteindre à la COP21?

Les négociateurs doivent en fait trancher sur trois points qui doivent absolument être dans l’accord: d’abord les clauses de révision à la hausse des objectifs de réduction des émissions doivent prendre prennent effet dès 2020, les modalités de financement doivent être claires sur la part de prêts et la part de dons, et qu’il y ait la parité entre les sommes consacrées à l’adaptation et à l’atténuation, estime Nicolas Hulot, envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète.
« Si le brouillon n’est pas amélioré, l’accord restera sans vie. Un tel accord est inadmissible pour nous », estime de son côté Célia Gautier, du Réseau Action Climat. D’après elle, « les mécanismes de révision [des engagements de réduction des émissions] semblent extrêmement flous et tardifs, les financements climatiques encore incertains, et au point mort après 2020, et le cap de long terme de l’accord diverge entre la vision des pays vulnérables et celle des pays industrialisés et pétroliers. » « On est très loin du compte, alors qu’il ne reste que 24 heures, a également regretté Jean-François Julliard, de Greenpeace. Sur les principaux points, les options et de crochets sont toujours là. »