Le café presse politique s’est porté au chevet de la Kabylie devenue comme le reste de l’Algérie, atone politiquement. Le MAK n’y changeant rien. Mais pas seulement.

 

Le 20 avril est le début de quelque chose dans l’Algérie indépendante. Il est bon de le rappeler à l’occasion. Mais de quoi ? Premier débat entre les membres du CPP, avec un petit point d’achoppement : existe-t-il vraiment une avant-garde du combat démocratique en Kabylie ? 

Une chose d’acquise, si tel est le cas, elle se serait un peu alignée sur la désaffection du reste de l’Algérie pour les luttes politiques. Pourquoi ? Les séquelles du printemps noir de 2001, y seraient pour beaucoup. Mais pas seulement elles. La trajectoire nationale de dépolitisation a intégré lentement mais surement, l’espace public Kabyle rendant cette région particulière de l’Algérie « synchrone » avec le pays (Said Djaffer) après qu’elle ait été asynchrone avec lui pendant longtemps lors des luttes précédentes (1980, 1986,1988, 1994, 2001). Les cadres de la mobilisation populaire en Kabylie (mouvement étudiant, mouvement associatif avec le MCB, partis politiques) sont entrés en crise durable.

Le canal surprenant des aârouchs a vécu le temps d’une mobilisation. Puis d’une récupération par le pouvoir. Reste le MAK, revendiquant l’indépendance de la Kabylie dans un quasi désert de mobilisation civique. Une revendication à la portée bien marginale dans la région, mais qui apparaît tout de même la plus active compte tenu de l’apathie des autres expressions.  Ce café presse politique a été aussi l’occasion de rappeler combien l’Algérie reste figée politiquement. En parlant d’Abdelaziz Bouteflika ? Non en parlant de la conférence de presse de son Premier ministre Ahmed Ouyahia.