Polycom
Daniel Schmierer au MED-IT 2013 d’Alger (Ph. A. Zahar)

Polycom

 

La nouvelle offre de haut débit mobile est appelée à ouvrir de nouveaux horizons. Professionnels surtout. Assister à une réunion tout en étant en déplacement est désormais possible avec la 3G. La vidéoconférence est aussi d’une grande utilité dans des domaines comme la formation et la médecine. Selon Daniel Schmierer, de la société Polycom, ces offres sont déjà opérationnelles dans certains secteurs en Algérie.

 

Parlez nous un peu de Polycom

Polycom est leader mondial de solutions de collaboration unifiée (visuelle et audio). La stratégie de la société, qui est née en 1992, c’est d’offrir au plus grand nombre de personnes la possibilité de travailler ensemble de façon collaborative et plus efficace, en créant des espaces de conférences audiovisuelles virtuelles. On s’appuie sur une stratégie ouverte, et des standards existants, ratifiés par l’ITU. Notre point fort, c’est que notre offre s’intègre parfaitement avec tout l’écosystème des solutions de collaboration à distance.

 

C’est à dire ?

Par exemple, Microsoft a une plateforme de collaboration « Lync », qui offre des services intéressants dans le domaine de la messagerie unifiée, instantanée, du chat et de la présence. La même chose existe chez IBM, avec «Sametime». Chez Polycom, nous avons une intégration native avec ces solutions et d’autres, ce qui permet d’apporter une couche complémentaire audiovisuelle de conférences à distance. L’avantage d’avoir ces intégrations natives avec ces partenaires, c’est de réduire les coûts de mise en place de ces solutions. C’est à dire qu’il n’est pas besoin de recourir à des compléments hardware et autres solutions pour faire du transcoding. Les systèmes de Polycom sont des systèmes de vidéo-conférence qui vont des petites salles à des grands amphithéâtres, avec une qualité audiovisuelle exceptionnelle, parce que les gens sont en taille réelle, et toutes les conditions d’éclairage et d’acoustique ont été optimisée, de façon à donner l’impression que les gens sont de part et d’autre d’une même table, alors qu’ils peuvent être à des centaines voire à des milliers de kilomètres de distance. Ils peuvent travailler ensemble autant qu’ils veulent sans avoir à se déplacer. Imaginez que vous voudriez organiser un meeting d’un grand groupe et que vous deviez déplacer plusieurs dizaines de cadres, il vous faut trouver les places d’avion, un créneau horaire dans lequel tout le monde est disponible, sans compter les dépenses d’hébergement pour certains. C’est l’avantage de ce genre de solution qui permet de réduire le temps et le coût de déplacement, l’hébergement et autres tracasseries.

 

Avez vous déjà installé ces solutions en Algérie ?

Polycom est présente depuis plusieurs années en Algérie. Nous avons de grands clients, aussi bien dans le domaine des télécoms, les grandes administrations, l’énergie, les grandes écoles privées, et environ cinq CHU. Nous sommes aussi dans un projet d’extension pour équiper 18 hôpitaux. On se concentre actuellement au Sud, la où il n’est pas facile de trouver les médecins spécialistes qu’il faut. Nous avons réalisé le premier projet de télémédecine, au début 2013, pour quatre hôpitaux dont les CHU Mustapha et Béni Messous. C’est un projet qui a été réalisé dans le cadre d’un partenariat entre le ministère de la Santé et celui des PTIC. Et l’extension vers les 18 autres sera mise en place vers la fin du premier semestre 2014.

 

En quoi consistent au juste vos solutions ?

Nous avons deux familles de solutions. Nous avons les produits « voice », qui sont des téléphones de conférences. Il s’agit d’un triangle qu’on met sur table et qui permet de parler avec le site distant en s’affranchissant des problèmes d’acoustique de la salle, avec une qualité voix qui correspond à celle d’un CD audio. Nous avons des téléphones (SoundStation et VoiceStation) qui ont été spécialement conçus pour l’environnement Lync de Microsoft, et d’autres appareils pour plateformes ouvertes. L’avantage, c’est que si vous changez de plateforme (Microsoft, IBM, Avaya, Cisco, Siemens…), les téléphones Polycom peuvent s’adapter.

Dans la partie vidéo nous avons aussi tout un ensemble de solutions. Ça commence par des solutions logicielles pour tablettes et smartphones qui permettent de participer à des conférences y compris quand on est en déplacements, voire de partager du contenu. Des systèmes de salle, plus puissants, avec des grands écrans plasma. Jusqu’à la solution ultime, qui est celle de téléprésence immersive, où l’on a des énormes écrans cinématiques, des gens en taille réelle, où il n’est pas nécessaire de zoomer pour mieux voir les intervenants.

 

C’est destiné plutôt à des entreprises à gros budgets…

Non, pas forcément. Nous disposons de solutions, plus économiques, destinées aussi à des PME-PMI.

 

Vos solutions nécessitent-elles de grands débits Internet ?

Justement, un des gros avantages de Polycom c’est d’avoir toujours cherché des solutions (hard et soft) de qualité la plus élevée, aussi bien en voix qu’en vidéo, utilisant le minimum de débit réseau. Si un client en Algérie, qui a des bureaux répartis sur l’ensemble du territoire, dont certains ont des connexions limitées, et qu’en plus il a son trafic data, nos solutions permettent d’utiliser très peu de bande passante.

 

Quel débit minimum faut-il ?

A 128 Kbit/s, nous sommes déjà capable d’offrir de la qualité vidéo très professionnelle, pratiquement en haute définition (HD). Pour faire de la vraie HD, ça démarre à 720p, on est les seuls à offrir cela dès 520 Kbit/s, alors que nos concurrents ont besoin au minimum de 30% de bande passante supplémentaire.

 

Le service après-vente est assuré à partir d’Alger ?

Nous avons des partenaires locaux, et un distributeur (FVC) à Alger, qui assiste nos clients et partenaires. Et si on a des cas, très rares, et compliqués, qui nécessitent au recours du support 3e niveau Polycom, auxquels donnent accès les contrats de maintenance, on intervient soit à distance, soit on envoie des ingénieurs.

 

Vos solutions coutent combien en moyenne ?

Ça commence par des solutions gratuites, comme celle pour l’iPad. Vous allez me dire pourquoi c’est gratuit ? Parce que c’est quelque chose qui nous intéresse, dans la mesure où plus il y a des gens qui vont télécharger et utiliser ces applications, plus ils seront intéressés à faire de la multi-conférence. Après ça démarre avec les systèmes d’entrée de gamme et autres solutions que j’ai présenté précédemment. Alors, pour ce qui est prix, je peux vous vous dire que des solutions d’entrée de gamme tournent autour de 600.000 DA (des systèmes audiovisuels pour des petites salles). Et ça peut aller jusqu’à des systèmes plus importants, pour équiper des amphithéâtres, dont les prix peuvent atteindre 700.000 dollars. Ce que je dis toujours à mes clients, c’est qu’il faut toujours comparer, pas uniquement le coût du hardware, mais l’ensemble de la solution, incluant les coûts réseaux sur deux ou trois ans. Et là on est particulièrement compétitifs, parce qu’on est capable de travailler avec beaucoup moins de bande passante que nos concurrents.

Et ce qu’il faut regarder aussi, c’est à partir de quand une solution de vidéo-conférence vous apporte un retour sur investissement. En règle générale, c’est très rapide. Avec les prix qu’on vous a indiqué, il suffit de calculer les coûts de déplacement, d’hébergement et autres frais, de plusieurs personnes, deux fois par mois, pour vous rendre compte que si vous prenez un système de vidéo-conférence, que vous amortissez sur 36 mois, vous vous rendez compte que vous gagner de l’argent dès les premiers mois. Bien évidemment, vous ne pouvez pas supprimer tous les déplacements, mais vous pouvez en réduire énormément.

 

 

Propos recueillis par Abdelkader Zahar