Finalement, la forte augmentation du trafic data, engendrée par l’augmentation du nombre d’internautes après le lancement de la 3G en Algérie, n’a pas encore causé la grande panne prédite par des observateurs pessimistes. Malgré, quelques épisodes de congestion aux heures pleines, le réseau de transport de l’opérateur historique Algérie Télécom (AT) tient encore le choc. Les premières activations des forfaits 3G des opérateurs Mobilis et Ooredoo n’ont pas (encore) provoqué le « black out » du réseau d’AT. Pour information, les services Internet (bande passante internationale) sont commercialisés par AT à l’ensemble des Providers activant en Algérie. En clair, le flux data du Web consommé par chaque abonné mobile (3G) ou fixe (ADSL), passe par ses mêmes « tuyaux ». La qualité de la transmission dépend donc de la disponibilité de la bande passante internationale achetée par AT auprès d’un ou de plusieurs opérateurs alternatifs internationaux. Pour éviter la grande saturation de l’Internet dans l’espace numérique du pays, l’opérateur historique, détenteur du monopole, doit faire face à l’augmentation annuelle du trafic Internet qui sera également proportionnelle au rythme du déploiement des réseaux 3G durant les trois prochaines années. Ce qui provoquera un accroissement atypique des paquets IP échangés entre différents liens établis entre les deux opérateurs UMTS et AT.

Une simple mesure du « peering » mensuel (flux échangé) entre Ooredoo et Mobilis avec AT indiquera l’explosion inévitable de la bande passante internationale disponible chez l’opérateur historique. Le coût de cette bande passante est une charge financière considérable pour Algérie Télécom. Est-il logique que cet opérateur soit concerné, malgré lui, par les investissements dans les réseaux hauts débits mobiles ? Non. Les opérateurs 3G doivent aussi mettre la main à la poche pour financer l’accès de la croissance de la bande passante internationale. Les observateurs sont catégoriques. Le cœur du réseau de transport d’AT est appelé à quadrupler en capacité avant la fin de l’opération de la couverture UMTS des 48 wilayas, prévue en 2017. Il faudra donc consentir d’énormes investissements. Mais qui va payer ? Au cas où AT supportera seul toutes les charges, les prix risqueraient d’augmenter. En attendant l’arrivée d’une solution définitive, l’opérateur historique semble opter pour l’optimisation de l’utilisation de la capacité du réseau. Une solution qui ne peut être que provisoire, à notre avis. C’est pour cela que l’instauration d’une réelle politique de gouvernance de la consommation data par les mobinautes et internautes devient de plus en plus urgente…