Sonatrach
La variation des revenus de la compagnie pétrolière nationale continue d’impacter trop lourdement la balance des paiements et la politique budgétaire algérienne.

Sonatrach est  une entreprise  stratégique qui engage l’avenir de la Nation. En cette année 2018, Sonatrach,  c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach.  Enjeu énorme de pouvoir, tant les dirigeants que la population algérienne sont attentifs à  sa gestion et son devenir en attendant une stratégie hors hydrocarbures, dans le cadre de la chaîne des valeurs internationales, fonction de profondes réformes structurelles qui déplacement les segments de pouvoir assis sur la rente,  qui tardent à se concrétiser.

Force est de reconnaître que  les  principales mesures, la règle des 49/51% instaurée en 2009, le passage du Remdoc au Credoc,  les licences d’importation, n’ont pas permis de faire baisser sensiblement la facture d’importation de biens et services. L’amélioration  du solde de la balance commerciale entre 2010/2018  est  liée  essentiellement aux recettes de Sonatrach à plus de 98%. Le taux de croissance  fonction de la dépense publique via la rente des hydrocarbures qui irrigue tout le corps social, selon le  FMI dans son  rapport octobre 2018 a été en  2015 de  3,7% – 2016  3,3%, 2017 , 1,6%- 2018 avec des prévisions de 2,5%- 2019 2,3% et 2020 1,8% . Quant au  taux de chômage, il  devrait rester stable en 2018 à 11,6% contre 11,7% en 2017 et progresser légèrement à 12,3% en 2019, dont plus de 25% de jeunes.

1- Balance des paiements et évolution des réserves de change

La balance commerciale concernant les exportations et les importations de 2012 à 2017 a évolué ainsi : en 2012 les exportations ont été de -71,7 milliards de dollars, 64,8 milliards de dollars, en 2014 : 60,1 milliards de dollars,  en 2015 : 34,5 milliards de dollars, en 2016 : 29,3 milliards de dollars et  en 2017,  32,9 milliards USD, allant vers 38/39 milliards de dollars fin 2018.  Quant aux importations, elles ont évolué ainsi : 51,5 milliards de dollars en 2012, 54,9 milliards de dollars en 2013, 59,6 milliards de dollars en 2014, 52,6 milliards de dollars en 2015,  49,7 milliards de dollars en 2016, 48,7 milliards de dollars en 2017 avec une tendance   de 46 milliards de dollars fin 2018.

Les groupes de produits exportés en dehors des hydrocarbures  en 2017  sont constitué essentiellement de dérivées d’hydrocarbures, environ  64,67%  sur les 1,89 milliards de dollars soit 1,22 milliards de dollars restant seulement pour les autres produits 670 millions de dollars et avec une tendance pour 2018 d’environ 600 millions de dollars hors dérivées d’hydrocarbures. Cependant, la balance commerciale  a une signification limitée devant tenir compte de la balance des paiements  qui se compose à la fois des flux des biens (commerce extérieur des marchandises), des services, des revenus, des transferts de capitaux et des flux financiers réalisés entre l’Algérie (Etat, entreprises et particuliers) et le reste du monde, soit l’ensemble des entrées et sorties de devises entre l’Algérie et les autres pays.

Le déficit du poste des Services hors revenus des facteurs a augmenté de 764 millions de dollars entre 2016 et 2017,  selon  la Banque d’Algérie,  ce déficit a résulté  autant de la diminution des exportations algériennes des services (baisse de 344 millions de dollars) que de l’augmentation des importations des services (hausse de 420 millions de dollars). Concernant le poste Revenus des facteurs, comprenant, entre autres, les bénéfices rapatriés vers l’extérieur par les entreprises étrangères activant en Algérie, les bénéfices réalisés par les sociétés algériennes à l’étranger, le déficit s’est creusé à 2,56 milliards de dollars en 2017 contre 1,57 milliard de dollars en 2016, en hausse de 985 millions de dollars.

L’augmentation du déficit du poste Revenus des facteurs résulte principalement de la hausse des transferts des dividendes des filiales et succursales des entreprises et institutions financières étrangères en Algérie, dont la règle des 49/51%. Quant au poste Services hors revenus des facteurs, le déficit s’est creusé à 8,11 milliards de dollars en 2017 contre 7,34 milliards de dollars en 2016. Le poste des Services hors revenus des facteurs se compose notamment des prestations techniques assurées par les étrangers en Algérie et par l’Algérie à l’étranger (études), le transport assuré par les transporteurs étrangers pour les marchandises importées par l’Algérie (armateurs) et les assurances à l’international.  Selon le rapport de la Banque d’Algérie de 2018   il y a l’augmentation des importations de services bruts, estimée à 11,182 milliards de dollars en 2017, contre 10,776 milliards de dollars en 2016. A titre d’exemple,  environ 540 millions de dollars ont été payés  en 2017 pour les services liés au bâtiment et travaux publics dont essentiellement les importations de services de l’Agence nationale des autoroutes (ANA) et  le rapatriement des bénéfices uniquement pour Sonatrach se structurent ainsi  entre 2013/2017 en millions de dollars.

Condensat ,   en 2013-  198,3 – 2014, 350,7 –  2015, 361,0-   2016, 296,7-  2017, 361,1

-GPL,   en 2013, 202,8 – 2014, 291,5 – 2015, 275,9  – 2016,  240,8-  2017, 289,6

-GN, en 2013,  339,6 – 2014, 297,4 – 2015,  523,6 – 2016,  231,1 – 2017,  255,8

-Pétrole  en 2013 , 5170,4 –  en 2014,  4315,9- 2015,  2560,7 – 2016,  2144,9, 2017, 2308,8

Total  en 2013 , 5911,1- 2014, 5255,5- 2015,  3721,2- 2016, 2913,5, 2017, 3215,4.

Un autre exemple de sorties de devises, quelle politique industrielle  mener avec ces unités de montage par dizaines n’atteignant pas un taux d’intégration réel en valeur de 20% et son impact sur les réserves de change ?   Selon les statistiques douanières reprises par  l’APS ce début décembre 2018, la facture d’importation des collections CKD destinées à l’industrie de montage des véhicules de tourisme s’est établie à 2,38 milliards de dollars sur les dix premiers mois de 2018 contre 1,27 milliard de dollars sur la même période de 2017, soit une  augmentation  de 1,11 milliard de dollars sur les 10 premiers mois de 2018 par rapport à la même période de 2017, (une hausse de 87,4%). Quant aux importations de véhicules de Transport de Personnes et de Marchandises et de collections CKD, elles  s’établissent   à 518,62 millions de dollars contre 377,1 millions de dollars à la même période de 2017, soit une hausse de 141,53 millions de dollars (+37,53%). En tendance, le montant devrait clôturer à 3,5 milliards de dollars fin 2018 contre 1,62 milliard de dollars pour 2017  et  1,35 milliard de dollars pour  2016. Ne prenant pas en compte les importations de camions et de véhicules neufs,  si l’on ajoute  les importations des parties et accessoires des véhicules automobiles, évaluées à 306,33 millions de dollars et les  importations des pneumatiques neufs à 114,56 millions usd, nous aurons fin 2018 un montant d’environ 4 milliards de dollars.

Ce constat officiel dément les propos rassurant du ministre  de l’Industrie, le 22 novembre 2018, devant les députés confirment nos mises en garde formulées entre 2010/2016   du  manque d’une stratégique   industrielle (naviguant à vue) qui a déclaré officiellement  que « l’Algérie n’aura pas son industrie automobile avant  30 ans »  alors  d’ici là le monde aura profondément changé avec la profonde  quatrième révolution économique mondiale 220/2030/2040 .

Deuxièmement,  le montant approchant 3 milliards de dollars fin 2018, et si  on émet l’hypothèse que le taux d’intégration varie entre 15/20% et si seulement dix (10)  constructeurs produisent seulement 50.000 unités/an , (500.000 voitures/an)  se posent deux problèmes : premièrement, la capacité d’absorption au niveau du marché local et ces opérateurs, seront-ils  capables d’exporter pour couvrir la partie  sortie de devises ; deuxièmement  la sortie de devises qui avec 500.000 unités, sans une intégration directe et indirecte, minimum de 50% et une capacité optimale pour réduire les coûts et être concurrentiel, tendra vers 9/10 milliards de dollars/an (un tiers des recettes de Sonatrach si le cours du  baril est de 65/ 70 dollars) ,  impactant  les réserves de change  en solde global de la balance des paiements de l’Algérie a affiché un déficit de 21,76 milliards de dollars en 2017 contre un déficit de 26,03 milliards de dollars en 2016. Cela a un impact sur les réserves de change. Le rapport annuel de la Banque d’Algérie note  que, le volume de la masse monétaire disponible en 2017, était de 14 974,6 milliards de dinars, contre 13 816,3 milliards de dinars en 2016 et que  la masse monétaire circulant hors circuits bancaires, est estimée à 4716 milliards de dinars, représentant 31% de la masse monétaire globale et 24.9% du PIB. Le déficit de la balance des paiements est demeuré à un niveau très élevé, atteignant 22,096 milliards de dollars en 2017, contre 26,219 milliards de dollars en 2016, le déficit de la balance des paiements  ayant  contribué à l’érosion  des réserves de change, non compris les réserves d’or évaluées au cours actuel de 2018  à environ 7 milliards de dollars  a évolué ainsi, entre 2013 et 2017 : 2013………194,012  milliards de dollars -2014………178,938   milliards de dollars – 2015………144,133  milliards de dollars -2016………114,138 milliards de dollars  – 2017……..97,332   milliards de dollars ,  fin juin 2018, 88,61 milliards de dollars,  à 82,12 milliards de dollars à fin novembre 2018 et selon la même tendance  seront inférieur à 80 milliards de dollars fin 2018.

Selon le Ministre  des Finances  données contenues dans la Loi de finances 2019, les réserves de change  atteindront 62 milliards USD en 2019, 47,8 milliards de dollars en 2020, 34 milliards de dollar US  en 2021 et  à moins de 13 milliards de dollars en 2022 selon le FMI. Quant à la dette extérieure  selon le bilan de la banque d’Algérie, elle a atteint fin 2017, près de 4 milliards de dollars (3.89 mds USD).  La plus grande part de ce montant est représentée par la dette à court terme, qui s’était élevée à environ 2,5 milliards de dollars, alors que la dette à moyen et à long terme était estimée à 1,89 milliard de dollars. Autre impact des tensions budgétaires, nous aurons une hausse  de la dette publique, à ne pas confondre avec la  dette extérieure. L’encours  de la dette publique sur le PIB  selon le FMI a évolué ainsi : 2015 18,0%- 2016, 29,3%-2017,31,3%- 2018, 34,9% et en 2020  la dette intérieure publique devrait rester autour de 40% du PIB, tandis que la dette publique, garanties comprises, passerait à 49% à l’horizon 2023, étant constituée de bons et de titres du Trésor, ainsi que de créances rachetées à des entreprises publiques, où fin 2017, environ 53% de l’encours des titres du Trésors étaient détenus par la Banque centrale, le reste se répartissant entre des banques (principalement publiques) et des compagnies d’assurance. En cas de non lutte contre la corruption, le gaspillage, les surcouts, donc d’un an que de rigueur budgétaire et de profondes réformes structurelles,  bien qu’elle reste à des niveaux soutenables, risque de conduire le pays vers une dérive inflationniste incontrôlée.

Selon le  Premier ministre, lors du  discours prononcé récemment  au Forum d’affaires algéro-sud-coréen,  la hausse de la dette interne s’établit désormais fin 2018  à près de 40% du produit intérieur brut (PIB), contre 20,6% en 2016, n’existant plus  de pare-chocs financiers qui permettaient à l’État de faire face aux trous de sa trésorerie, notamment l’épuisement du fonds de régulation des recettes, d’où le recours à la planche à billets. Attention à la dérive vénézuélienne (voir interview Pr A.Mebtoul magazine le Causeur Paris  2017) Contrairement à l’euphorie de certains soit disant experts, avec le risque d’un processus inflationniste accéléré dont les ondes de choc se feront sentir dans deux ans, pour le gouverneur de la Banque d’Algérie  le financement non conventionnel  représente déjà 28% du PIB de 2017, dont  4005 milliards  émis jusqu’à la fin septembre 2018, auxquels s’ajoutent une nouvelle demande de financement de 1187,2 milliards  en novembre, donnant  5186 milliards de dinars, soit au cours actuel  près de 44 milliards de dollars et en mettant à la disposition une fraction de ces montants aux entreprises qui se portent importatrice, accélère par ricochet la baisse des réserves de change.

2.-La structure financière des exportations  de Sonatrach de  2013 à juin 2018

L’effectif du secteur de l’énergie a augmenté de 3,3% en 2017, pour s’établir à 258 404 agents, soit la création de plus de 8 000 emplois directs par rapport à 2016, dont l’effectif du groupe Sonatrach, y compris les agents temporaires, en croissance y compris les effectifs des filiales du groupe (Naftal, ENTP, ENSP, GCB…etc). a atteint 130 031 agents en 2017, contre   130.031   en hausse de près de 7300 agents, soit +6%, par rapport aux effectifs de l’année 2016.

2.1.-La part  des exportations d’hydrocarbures : analyse de la structure financière 2013/2017

Par pays, les cinq premiers clients sont l’Italie (22,9%), suivie par l’Espagne (16,1%), puis la France (10,8%), les USA (7,9%) et la Turquie (5,5%). Ces cinq pays représentent 63 % du total des exportations en volume. Les recettes   globales  hydrocarbures en  millions de dollars ont évolué ainsi :   2013– 63.326,2 millions de dollars    dont la  part des associés   a été  de  5.911,1  et en pourcentage du total  9,3% ;   2014– 58.361,6  dont la part des associés    a été de 5.255,5 (9,0%) ;  2015- 33080,7 dont la part des associés  de 3.722,1 (11,2%) ; 2016- 27.917,5 dont la part des associés 2913,5 (10,4%) ; 2017– 33.2028 milliards de dollars  dont la part des associés 3.215,4 (9,7%). Cela donne  un total entre 2013/2017 de 215.888,8 milliards de dollars  dont 21.017,6 milliards de dollars pour les associés  soit un taux moyen durant cette période de  9,73%.

Nous avons la structuration suivante par produits :

Le pétrole représente en millions de dollars US, en 2013, à un cours moyen  annuel de 109,5 dollars le baril sur le marché international, 24.328,5 millions de dollars soit 38,4%; en 2014, pour un cours du baril de 100,2 dollars,  18.343, soit 31,4%; en 2015, pour un baril de 53,1 dollars, 10.037,7 soit 30,3%, en 2016, pour un baril de 45,0 dollars, 8.876,4 soit 31,8% ,  pour 2017 pour un baril de 54,1 dollars, 10.459,9 millions de dollars soit 31,5%

-Le condensat  en 2013 représente pour un prix unité/US/Baril (P.U.B/US)  de 99,9 dollars sur le marché international , 4.838,6 millions de dollars soit 7,6%, en 2014,  pur un PUB de 90,7 dollars, 3.886,7 (6,7%), en 2015, pour un P.U.B 49,7 dollars , 2.238,7 (6,8%) , en 2016, pour un PUB  de 42,7 dollars, 1.889,8 (7,1%) ,  en 2017 pour un PUB  de 51,9 dollars, une valeur de  1.950,5 millions de dollars (5,9%)

-Les Produits pétroliers raffinés représentent en 2013 pour un PUB   de 107,8 dollars sur le marché international , 10.906,3 millions de dollars ( 17,2%), en 2014 pur un PUB de 100,0 dollars 13.195,2 (22,6%) ; en 2015, pour un PUB  de 52,7 dollars , 6.789,8 (20,5%), pour 2016 ,pour un P.UB de 44,2 dollars,5.563,7(19,9%) et en 2017 pour un PUB de 56,8 dollars , 6.987,4 millions de dollars ( 21,0%)

-Le Gaz de pétrole liquéfié –GPL   représente en 2013 pour un PUB  de 75,6 dollars sur le marché international, 4389,6 millions de dollars ( 6,9%), en 2014 pour un PUB  de 68,2 dollars, 5.203,4 (8,9%), en 2015 pour un PUB  de 32,7 dollars , 2.687,8 (8,1%) ; en 2016, pour un PUB   28,0 dollars , 2.221,0(8,0%),  en 2017, pour un PUB de 39,5 dollars 2.977,5 (9,0%)

Le Gaz naturel  Liquéfié (GNL)  représente pour un prix moyen sur le marché international  (US par million de BTU ( devant multiplier par le ratio moyen 600 pour avoir le milliard de mètres cubes BTU) 11,2 dollars en 2013, 3.041,5 millions de dollars US ( 9,5%), en 2014, cours moyen ,11,1 dollars , 7.396,2 (12,7%) ; en 2015, pour un cours de 7,6 dollars, 4.700,4 (14,2%), en 2016, cours , 5,3 dollars, 3.101,1 (11,1%) et en 2017 pour un cours moyen de 5,7, 3.571,3 millions de dollars (10,8%) –Le Gaz naturel( GN)     représente  en 2013 pour   cours moyen sur le marché international de 10,5 dollars, 12.823,7 millions de dollars ( 20,3%) ; en 2014, cours moyen, 10,0, 10.336,9 (17,7%), 2015, cours moyen , 6,5 dollars , 6.628,3 (20,0%) , en 2016, cours moyen 4,3 dollars, 6.665,1 (22,1%) et en 2017  cours moyen , 5,1 dollars , 7.278,2 millions de dollars ( 21,9%).

Au total  en millions de TEP, de janvier à fin juin 2018, nous avons  une baisse sensible  passant de 54,0 à 51,0 et grâce à la hausse de prix , facteurs exogènes qui échappent à  la gestion interne  de Sonatrach , une recette  de 19,4 milliards de dollars de janvier à fin juin 2018 contre une recette pour la même période 2017 de 16,1  donnant  fin 2018 une valeur d’environ 38  milliards de dollars.

2.2.- les données en volume  

Ils permettent  de  déterminer les capacités réelles de production de Sonatrach.

-pétrole en millions de barils  -2013, 222,2 -2014, 184,5 -2015, 194,3-  2016, 198,1 –  2017,  193,4 millions de barils

– Condensat millions/TM –en 2013, 5,4-   2014, 4,8- 2015, 5,0 –2016, 5,2 – 2017, 4,2

Produits pétrolier /TM- en 201312,8- 2014, 18,7- 2015, 16,8- 2016, 15,9- 2017, 15,8 –GPL/ TM  – en  2013  5,3- 2014, 7,2 –2015,  7,6-  2016, 7,3 – 2017, 6,9

– GNL / millions de M3 , en 2013, 23,0 -2014, 28,5  -2015, 28,6- 2016,  25,7 – 2017,  26,7

– Gaz naturel ( GN), devant multiplier environ par le ratio 600 pour avoir le milliard de MBTU  donnant ainsi pour 2013,  32,7 milliards de mètres cubes gazeux, en 2014, 27,4 –  en 2015, 27,4 – en 2016,   39,1 et  en  2017   environ  38,1.

Qu’en est-il des exportations des hydrocarbures  de janvier à fin juin 2018 par structure

-Pour le pétrole brut, en millions de tonnes, nous avons  10,4 contre 12,6 pour la même période 2017 avec une valeur de 5,6 milliards de dollars due essentiellement à la remontée des prix  contre 5,0 milliards de dollars pour la même  période 2017.

– Pour les   produits raffinés, nous assistons à une baisse en volume  7,7 millions de tonnes contre 7,8 mais une augmentation en valeur pour les mêmes  raisons  évoquées  précédemment passant  de 3,3 milliards de dollars à 4,4 milliards

– Pour le condensat, nous avons  une légère augmentation en volume passant de 2,0 millions de tonnes à 2,1 et  en  valeur passant de 0,9 milliards de dollars à 1,2 milliards de dollars.

– Pour le GPL, nous avons une baisse en volume  passant de 3,6millions de tonnes à 3,3 et en  valeur passant de 1,4 à 1,6 milliards de dollars.

-Pour le gaz naturel, en volume, nous avons une augmentation passant de 19,7 à 20,6 milliards de mètres cubes gazeux  et en valeur 3,7 milliards de dollars à 4,6 toujours de  janvier à fi  juin 2018.

– Pour le GNL, nous assistons à  une hausse en volume passant de 1,8 à 1,7  milliards de mètres cubes devant multiplier par 600 (reconversion) donnant 10,8 MBTU période 2017 et 10,2 pour 2018, pour une valeur passant de 1,8 à 1,7 milliards de dollars entre ces deux périodes

Le 23 décembre 2018, selon le gouverneur de la banque d’Algérie, – 6,48 % sur  les neuf premiers mois de 2018, les quantités de pétrole exportées se sont élevées à 73,3 millions de TEP contre 80,1 millions sur la même période de 2017, soit une baisse de 8,54 %. Cette baisse des quantités a été contrebalancée  par la hausse  des prix des hydrocarbures ont connu une forte hausse (72,7 dollars, +41,8 % par rapport aux neuf premiers mois de 2017), donnant des recettes brutes  de  28,7 milliards de dollars.

2.3.- Chiffre d’affaire Sonatrach  , fiscalité pétrolière et nécessité d’améliorer la gestion

Selon le Ministère de l’Energie,  le chiffre d’affaires moyen global annuel  du secteur de l’énergie dans sa globalité  a atteint 5 400 milliards DA en 2017, mais dominé par Sonatrach  avec  4 560 milliards de dinars, permettant une fiscalité pétrolière  moyenne annuelle versée par Sonatrach au Trésor de  2 550 milliards de dinars .Comme effet positif, la hausse des prix durant l’année 2017 s’est répercutée positivement sur les revenus de Sonatrach, avec la fiscalité pétrolière versée au trésor public qui a atteint 2 228 milliards DA, reflétant une hausse de 19,6% par rapport à la même période de l’année 2016. Ce versement dépasse de 1% le montant prévu dans la loi de finances 2017, établi à 2 200 milliards DA ( prix de référence 50 $/b ).Mais ces montants  ne donnent que   le chiffre d’affaires et  pour voir le profit net qui reste à Sonatrach, il faut soustraire  les bénéfices des associées  et les couts d’exploitation qui sont variables  assez faible pour le pétrole brut et le gaz naturel par canalisation , mais élevé pour le GNL, le condensat , le GPL et les produits raffinés pouvant tourner en moyenne autour de  30%. Ce qui  donnerait après le retrait des parts des associés  un chiffre d’affaire net (CA) pour Sonatrach

en 2013 de 57.415,1 milliards de dollars et un profit net  de 40.190,0 milliards de dollars,

en 2014, un CA net de 53.106,1 et un profit net  de 37.174,3,

en 2015 un CA net  de 29.358,6 et un profit net de 20.2551,0,

 en 2016 un CA net de 25.004,0 et un profit net de 17.502,8,

pour 2017, un CA net de 29.993,4 et un profit net de 20.995,9 milliards de dollars.

L’Algérie devra être attentive  à toutes ces  stratégies gazières où sa part de marché vers l’Europe étant passé  de 13% en 2007/2008 à 8% en 2017, avec la concurrence également de la Russie, de la Norvège et du Qatar dont la part de marché est passé de 2% vers les années 2000 à plus de 7% en 2017, concurrençant le GNL algérien  proche  également de l’Asie ayant massivement  investi dans els GNL de grandes capacités étant  le premier producteur-exportateur mondial de GNL. Dans ce contexte, il   faut relever que la consommation d’énergie  a été pour 2017 : ménages, 44%,  transport 33%  et Industrie BTP 22% contrairement aux pays développés   et quel  sera le prix de cession du gaz de toutes ces unités mises  récemment installées notamment engrais phosphate, sidérurgie  fortes consommatrices d’énergie Les importations  total hydrocarbures  gasoil- essence, autres de 1,5 milliards de dollars en 2016 à 1,8 en 2017 et la  consommation nationale totale de gaz naturel a enregistré en 2017 une hausse de 3,4% par rapport au niveau de 2016, à 41,8 milliards de m3  Quant au  montant global des Investissements Directs Etrangers (IDE) en Algérie durant l’année 2017 a atteint 1,4 milliards US$, contre 2,1 milliards US$ en 2016, reflétant une baisse importante. Cette baisse a concerné le segment Amont de la branche d’hydrocarbures, en particulier l’activité développement des gisements. Par ailleurs, la répartition de ces IDE par pays, montre que l’Italie est le premier investisseur avec une part de (25%) et un montant de 350 millions de dollars, suivie par la France (22 %), et en troisième position l’Espagne avec 14 %.Le montant de ces trois premiers pays représente plus de 61 % du montant global des IDE de l’année 2017

3.-En conclusion : urgence d’un management stratégique pour Sonatrach

Il s’agit impérativement pour Sonatrach d’avoir des comptes transparents, additionnant actuellement des prix de marché avec des prix administrés  et donnant souvent des comptes consolidés qui voilent son efficience.  D’où l’importance, comme je ‘l’ai proposé souvent lors d’audits sous ma  direction pour  cette société entre 1974 et 2015, d’une comptabilité analytique détaillée  et  de comptes de surplus  physico-financiers en temps réels éclatés, car il est impossible actuellement de cerner les coûts par produits depuis les champs aux unités.  Dans ce cadre il s‘agit  de préparer l’avenir de Sonatrach qui doit   se spécialiser dans ses métiers de base-ce qui supposera d’importants moyens technologiques, financiers et humains tant pour  l’amont, l’aval, les canalisations et la commercialisation,  devant encourager un partenariat gagnant/ gagnant avec des firmes de renom  et revoir la loi des hydrocarbures qui n’est plus adaptée à la conjoncture actuelle. Pour avoir connu de l’intérieur Sonatrac pendant plusieurs décennies, en tant que directeur d’études, membre de plusieurs organisations internationales sur l’énergie,  et publié plusieurs contributions internationales,  Sonatrach, face à la nouvelle transition énergétique mondiale     a besoin aujourd’hui d’un nouveau management. Car toute  entreprise doit  prendre des décisions en temps réel, en ce monde en perpétuel mouvement, avec une concurrence acerbe notamment dans le domaine énergétique et surtout d’une société qui procure directement et indirectement avec les dérivées 97/97% des ressources en devises à l’Algérie.

Sonatrach doit s’ouvrir sur la société  et l’Algérie ne peut continuer dans l’actuelle trajectoire sans vision stratégique    avec  des subventions non ciblées source de gaspille et d’injustice sociale, le versement de salaires et traitements sans contreparties productives, quitte à aller vers le FMI horizon 2022, avec d’inévitables tensions sociales.  Pour dépasser la situation actuelle, la nouvelle gouvernance tant locale que celle des entreprises, dont celle  de Sonatrach ne saurait reposer sur le diktat bureaucratique  mais implique de comprendre le fonctionnement   la société tenant compte de la morphologie de la société. Et ce  suite aux travaux de l’économiste (prix Nobel) indien Amyra Sen dans son apport sur l’anthropologie économique qui a montré que l’efficacité des organisations  influe sur  la rentabilité de  l’entreprise.   Les institutions ont un rôle très important sur les organisations et la société. Elles constituent un des facteurs déterminants de la croissance économique de long terme, le terme d’institution désignant  » les règles formelles et informelles qui régissent les interactions humaines « , et aussi comme  » les règles du jeu  » qui façonnent les comportements humains dans une société. Parce qu’il est coûteux de coopérer sur le marché, il est souvent plus économique de coopérer au sein d’une organisation, la gouvernance faisant alors référence à la rationalité limitée, l’incomplétude des contrats, mais aussi à la spécificité de certains actifs (non substituables donc), et prenant en compte la nécessité d’adapter les organisations en introduisant l’importance de la confiance et du  » capital social  » comme ciment de la coopération.

L’ensemble de ces actions renvoie en fait à la refondation de l’Etat reposant sur un Etat de droit et de l’urgence d’une gouvernance renouvelée. Comme démontré tout au cours de cette analyse, il faut être réaliste. L’Algérie dépendra encore pendant de longues années des recettes de Sonatrach. En cette fin d’année 2018, comme je le rappelais lors de mes deux récentes interventions à Alger, l’une à l’invitation du Ministère de la défense nationale ( IMPED) le 27 mars 2018 sur la sécurité  et le trafic des frontières, l’autre le 01 avril 2018 sur la sécurité alimentaire, de l’eau  et la sécurité énergique à la salle des conventions, la troisième lors des  11èmes Journées Scientifiques et Techniques (JST11) de SONATRACH du 16-19 avril 2018 à Oran , sous le Haut Parrainage de son Excellence,  Monsieur le Président de la République, actuellement deux institutions stratégiques  sont garantes de la sécurisé nationale, l’ANP et toutes les forces de sécurité et   Sonatrach qui en économie c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach. La gestion de Sonatrach  est    un  enjeu énorme de pouvoir, tant les dirigeants que  toute la population algérienne étant attentive à   son devenir en attendant une stratégie hors hydrocarbures dans le cadre de la chaine des valeurs internationales, fonction de profondes réformes structurelles qui déplacement les segments de pouvoir assis sur la rente,  qui tardent à se concrétiser.