Ces opérations interviennent après la sanglante attaque terroriste survenue mercredi 16 juillet sur les Monts Chaâmbi aux frontières algériennes, avec un bilan lourd de 15 militaires tués et des dizaines blessés.

 

Le commandement de l’état-major de l’Armée (ANP) a obtenu l’approbation du chef suprême des forces armées, le président de la République Abdelaziz Bouteflika, de procéder à deux opérations au niveau de la frontière algéro-tunisienne, avec la participation d’au moins 8000 militaires algériens et 6 000 militaires tunisiens, a rapporté ce dimanche le quotidien algérien El Khabar.  Une source sécuritaire a révélé au journal que les dirigeants des deux armées ont convenu de lancer une série d’opérations militaires concomitantes, le long des frontières communes parallèlement à la mise en œuvre des d’un plan sécuritaire à long terme visant à éliminer les groupes terroristes le long du tracé frontalier. La source sécuritaire a expliqué au journal que le plan de sécurité comprend des mesures préventives pour sévir contre les groupes terroristes sévissant à la frontière, et d’autres liées à l’activité du renseignement et de la collecte d’informations, ainsi que l’activation des opérations militaires contre ces groupes armés. Il comprend en outre un plan de sécurité pour activer la collecte des informations sur la structure des groupes armés dans la frontière.

Les activités incluent la collecte d’informations à travers  l’écoute des communications effectuées par les terroristes, et de contrôler les différents réseaux afin d’obtenir autant d’informations que possible. Il a également été décidé d’activer les enquêtes de sécurité sur les réseaux de recrutement terroriste en Tunisie et les régions de l’est de l’Algérie, et tarir les sources de financements aux groupes terroristes. Il a été décidé, pour ce qui est de la partie tunisienne, de créer des cellules de sécurité pour empêcher la collecte de fonds au profit des groupes terroristes. Les autorités sécuritaires tunisiennes s’emploieront aussi à surveiller la circulation des fonds et les djihadistes de la Libye vers la Tunisie. S’agissant de la partie algérienne, il a été décidé de renforcer le contrôle sur le mouvement des opérations de l’argent et la contrebande entre les deux pays pour empêcher son exploitation en tant que source de financement pour l’activité terroriste.

Offensive contre les salafistes tunisiens

Il faut signaler que l’activité sécuritaire aux frontières communes entre l’Algérie et la Tunisie inquiète de plus en plus. Après l’attaque terroriste de Djebel Chaâmbi, à la frontière algérienne, le gouvernement tunisien a décidé de reserrer l’étau autour des activistes islamistes. Ainsi, le chef du gouvernement tunisien, Mehdi Jomaa, a décidé, hier, la fermeture immédiate des mosquées activant en dehors contrôle du ministère des Affaires Religieuses jusqu’à la nomination de nouveaux responsables de ces lieux de culte par le département de tutelle. Selon des sources tunisiennes, Jomaa a décidé également, au terme d’une réunion de la cellule de crise chargée du suivi de la situation sécuritaire dans le pays, la fermeture immédiate des mosquées au sein desquelles ont eu lieu des manifestations de sympathie avec les terroristes qui ont attaqué et tué 15 soldats tunisiens au Mont Chaâmbi à Kasserine.