Le ministre de l’Habitat Abdelmadjid Tebboune, le PDG de Sonelgaz Nourredine Bouterfa, ainsi que le PGD de la compagnie aérienne Aigle Azur Arezki Idjerouidene, font partie des quinze témoins appelés dimanche par le président du Tribunal criminel près la Cour de Blida dans le procès de l’affaire Khalifa. Ils ont tous répondu absent.    

 

Le PDG d’Aigle Azur, ne pouvant se présenter, adresse par le biais de son avocat Me Allouche Zoubir un certificat médical en guise de justification. «  Il devrait apporter son témoignage sur la vente d’avions  de la compagnie aérienne Anténia à Khalifa Airways en janvier 2001 pour 210 millions de DA », nous informe Me, Allouche. Le ministre de l’Habitat et le PDG de Sonelgaz n’ont pas eu, eux,  à se justifier. Le juge Antar Menouar se contentant de lire les Procès verbaux (PV) d’audition devant le juge. Abdelmadjid Tebboune devait répondre aux questions relatives aux dépôts massifs des OPGI à la banque Khalifa.

 «  Les OPGI ont le statut de personnalité morale et  disposent d’une indépendance financière. Ce sont les Conseils de d’administrations et les Directeurs des offices qui émettent des demandes de dépôts, et ce, sous le regard des commissaires aux comptes. Les dépôts  des comptes de l’OPGI à la banque Khalifa ont commencé en 1998, avant ma désignation à la tête du ministère et ceux sont poursuivis après mon départ. Je nie toute responsabilité quant à l’’émission d’ordre ou de recommandation pour le versement de fonds des OPGI à Khalifa Bank », a affirmé le ministre dans le PV d’audition.

Le PDG de Sonelgaz, lui, a nié avoir un lien direct avec Abdelmoumene Khalifa. Dans le PV, il est mentionné que la femme de M. Bouterfa, dentiste de profession, a vendu une parcelle de terrain située à Dar El Beida (est d’Alger),  héritée de sa famille, à Abdelmoumene Khalifa en 2001. Parmi les témoins qui ont répondu présent, figure Said Drider, cadre au niveau de l’Inspection Générale des Impôts. Appelé à la barre, il affirme que Khalifa Bank bénéficiait à son lancement, d’une exonération fiscale de trois ans, prorogée sur cinq ans. Pourtant, la banque privée devait répondre à un redressement fiscal estimé à trois milliards de dinars. Cette « dette fiscale », est due à une comptabilité non probante. D’après M. Drider, la banque Khalifa connaissait des déficits répétitifs entre 1998 et 2001. Des déficits qui ont conduit le Banque d’Algérie à mener une inspection comme l’exige le règlement dans des cas similaires.

Le Dossier déchiré par le liquidateur

 M. Tidjani Djamel adjoint du liquidateur de la Banque  Khalifa, Moncef Badsi, était chargé de faire appel à Kechad Belaid pour l’enjoindre à procéder au recouvrement des comptes au niveau de l’agence Al Khalifa de Blida, dirigée à l’époque par Zerrouki Fayçal. Kechad devait opérer des changements sur  de 13 comptes de débiteurs à créanciers. «  Nous avons découvert les dépassements au niveau de l’agence de Blida et j’ai informé M. Badsi, lequel m’a demandé de procéder au recouvrement des comptes de cette agences, d’autant plus que des sommes d’argents étaient transférées à l’étrangers à cette même période », a affirmé M. Tidjani au juge. Le Ministère public lui demande des détails sur la falsification de documents officiels de la part de Kechad et Zerrouki, pour faciliter le transfert des fonds vers l’étranger. M. Tidjani dit tout ignorer sur la question.

Certains avocats évoquent un transfert de fonds d’une entreprise espagnole de construction vers l’agence des Abattoirs de Hussein Dey, pour justifier l’existence de comptes dont été émis des sommes vers l’étranger. Tout en reconnaissant l’illégalité de cette compensation des dépôts, après la liquidation de la banque en mai 2003, M. Tidjani affirme que le PV  sur le transfert d’argent de l’entreprise espagnole à  Khalifa Bank fut déchiré par M. Badsi. M. Fouded, ancien responsable de l’agence des abattoirs d’Hussein Dey,  prend la parole. Il accuse le liquidateur M. Badsi d’avoir déchiré son dossier contenant le transfert d’argent de la société espagnole vers l’agence d’Hussein Dey.