Le Huffpost Algérie a jeté un véritable pavé dans la mare en révélant l’apparition d’une nouvelle  maladie affectant le cheptel camelin dans le Sud du pays.

 

Cette maladie, similaire à celle dite de la vache folle, qui avait défrayé la chronique il y a une dizaine d’années, a été découverte par deux chercheurs algériens dont un vétérinaire de Ouargla, le Dr Baaissa Babelhadj , de l’abattoir de la ville.

C’est grâce à la vigilance du Dr Babelhadj, que furent décelés les premiers cas, qui présentaient des symptômes identiques à ceux de l’Encéphalopathie Spongiforme Bovine, c’est-à-dire : agressivité, tremblements, perte de contrôle des membres, hyperactivité et difficulté à se dresser sur leurs pattes.

Ce vétérinaire, qui est aussi affilié à l’université Kasdi Merbah de Ouargla, s’est mis en tandem avec son confrère le Dr Semir Gaouar chercheur en génétique moléculaire à l’université Aboubakr Belkaid de Tlemcen, pour d’abord alerter les autorités et enfin publier un article scientifique dans la revue Emerging Infectious Diseases, publié par l’institution publique américaine: Center for Disease Control and Prevention.

Le contenu de l’article « Prion Disease in Dromedary Camels, Algeria », tire la sonnette d’alarme, car cette affection est une nouvelle forme de maladie à prion qui touche pour la première fois un mammifère non-ruminant et qui partage les caractéristiques de l’ESB de la vache, qui est de pourvoir se transmettre à d’autres espèces animales et aux consommateurs humains.

L’article scientifique conclut sur l’urgence – pour les pouvoirs publics – de mettre en place un dispositif de surveillance et d’évaluation des risques potentiels à la santé humaine et animale.

Pour rappel, l’épidémie de vache folle au Royaume-Uni avait pris une tournure dramatique en 1996,  après la transmission à 231 victimes, de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, après avoir consommé de la viande contaminée.

Dans le cas des dromadaires à Ouargla, qui représentent, selon les chercheurs, 3,1% des bêtes  qui ont transité par l’abattoir de la ville, c’est la présence du prion dans le système lymphatique qui inquiète le plus. Cette dernière augmente le facteur de contamination des lors que la maladie se diffuse dans l’ensemble de la carcasse de l’animal.

Les deux chercheurs ont eu recours à une équipe italienne pour confirmer les soupçons et procéder aux analyses qui ont conduit à l’écriture de l’article scientifique.

Du coté des autorités c’est le mutisme qui règne, une source proche des services officiels, nous explique que cette prudence est due au fait que l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE) , instance internationale reconnue, n’ait pas encore été saisie, pour pouvoir enclencher les mesures d’urgence appropriés.

Il reste que les services de la Direction de la Santé Vétérinaire devraient au moins à titre conservatoire déclencher une enquête en collaboration avec les deux chercheurs algériens.