Les ONG internationales de défense des droits de l’homme dénoncent l’une après l’autre la condamnation et le traitement réservé au détenu d’opinion Karim Tabbou.

En effet, après Amnesty International qui a demandé l’annulation pure et simple de la condamnation Tebbou, le tour vient à l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, une organisation composée de la Fédération internationale pour les droits de l’homme (FIDH), et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), de dénoncer ce qu’elles qualifient d’acharnement judiciaire à l’encontre de Karim Tabbou.  

« L’acharnement judiciaire à l’encontre des manifestants du Hirak se poursuit en Algérie, avec la condamnation en appel de M. Karim Tabbou, alors même que le mouvement a décidé d’observer une trêve, au vu du contexte sanitaire mondial, pour essayer d’enrayer la propagation du Covid-19 », dénonce l’Observatoire dénonce avec une extrême vigueur ce procès inique et appelle à la libération de tous les défenseurs des droits humains arbitrairement détenus.

« Alors même qu’il devait sortir de la prison de Koléa ce jeudi 26 mars après avoir passé six mois en détention, M. Karim Tabbou, figure emblématique du mouvement du Hirak, a été condamné aujourd’hui en appel par la Cour de Ruisseau (Alger) à un an de prison ferme. Ce simulacre de procès s’est déroulé dans des circonstances à peine croyables, les avocats de la défense n’ayant pas été informés au préalable de la tenue de l’audience », déplore l’Observatoire. « Présenté devant le juge sans aucun représentant pour le défendre, M. Karim Tabbou a refusé de comparaître, faisant valoir le droit à un procès équitable dont il bénéficie en vertu du droit algérien ainsi que des conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Le juge lui a refusé ce droit, et a insisté pour que l’audience se poursuive. Suite à ce développement, M. Tabbou a été victime d’un malaise et a été transféré en urgence à l’infirmerie de la Cour », ajoute la même source.

« Les évènements qui se sont produits aujourd’hui à la Cour de Ruisseau à Alger sont en contradiction totale avec les droits humains les plus élémentaires, et mettent en lumière des dysfonctionnements graves ainsi que l’arbitraire de la justice algérienne », a commenté Alice Mogwe, présidente de la FIDH.

« La crise sanitaire qui touche actuellement l’ensemble des continents devrait plus que jamais inciter les Etats à libérer tous les défenseurs arbitrairement détenus, et non à les emprisonner », a-t-elle poursuivi.

« Le vrai visage de la justice se montre en temps de crise. Alors que les gouvernements et les systèmes pénitentiaires du monde entier s’efforcent de réduire le nombre de détenus, le gouvernement algérien les remplit de manifestants pacifiques et de défenseurs des droits humains. C’est non seulement scandaleux, mais cela représente surtout une réelle menace de mort à leur encontre », a ajouté Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT. « Le gouvernement algérien porte l’entière responsabilité, en vertu de la Convention des Nations Unies contre la torture, de l’intégrité physique et du bien-être psychologique de Karim Tabbou. Nous appelons à sa libération immédiate », a-t-il conclu.