La Chine, un pays sur lequel l’Afrique compte beaucoup pour son développement économique, sera un partenaire de plus en plus important pour le continent, a estimé l’expert algérien en économie, Abderrahmane Mebtou, qui juge « raisonnables » les objectifs fixés par la Chine à l’horizon 2020.

Qualifiant de bonnes les relations sino-africaines et affichant un optimisme à les voir rehaussées dans l’avenir à des niveaux supérieurs, l’expert algérien en économie a dans une déclaration à Xinhua analysé que « l’Afrique, considérée depuis toujours comme un simple gisement pour l’industrie de certains pays occidentaux et un marché pour leurs produits finis, cherche à se débarrasser de cette situation et la Chine a compris cette attitude de l’Afrique et œuvre à ce qu’il y ait un véritable échange entre les deux parties ».
La Chine a réussi au cours de ces cinq dernières années à relever des défis extraordinaires en imposant une dynamique de croissance qu’aucun pays au monde n’a pu suivre. Ceci dit, explique l’expert, cette croissance a été légèrement freinée par les faits de la crise qui a frappé l’économie mondiale. « Un phénomène face auquel la Chine est en train de chercher des issues », a-t-il dit.
Quant à la question de savoir de quoi sera faite la relation sino-algérienne dans les années à venir, l’expert a rappelé l’implication des entreprises chinoises dans les projets d’infrastructure en Algérie, avant de revenir sur l’actualité.
« Maintenant les prix du pétrole ont reculé et que les revenus des pays ont été revus à la baisse, la Chine a été le premier à se manifester pour financer des projets en Algérie. Grâce aux fonds qu’elle a cumulés ces dernières années, la Chine s’est montrée disposée à aider l’Algérie en lui octroyant des crédits à des taux faibles, voire nuls ».
Pour rappel, des sociétés chinoises ont formé des consortiums avec des groupes algériens pour le financement et la construction d’un méga-port sur la côte ouest d’Alger, ainsi que l’exploitation d’un gisement de minerai de fer dans l’extrême sud-ouest du pays.
En se montrant positif quant à l’avenir de l’économie chinoise, M. Mebtoul a, en revanche, fait remarquer que la Chine était confrontée à des défis de taille auxquels elle doit faire face, notamment celui de la pollution.
A l’ouverture samedi à Beijing de la session annuelle de l’Assemblée populaire nationale (APN, Parlement chinois), le Premier ministre Li Keqiang a annoncé un objectif de croissance de 6,5 à 7% pour 2016, le taux de croissance ayant été de 6,9% en 2015.
L’année 2016 est l’année du lancement du 13e Plan quinquennal du pays. La Chine s’engage à accomplir la construction d’une société modérément prospère à tous les niveaux, et vise à doubler le PIB de 2010 et le revenu par habitant d’ici à 2020.