Les débats sur l’entreprise en Algérie ne doivent plus rester autour  de la création d’une activité productive, mais doivent porter sur la pérennité, l’incubation et le mentoring.

 

 

Les pratiques entrepreneuriales en Algérie sont en retard par rapport à ce qui se fait dans ce domaine dans le monde. Elles peinent à sortir de la première étape correspondant à la création technique des entreprises, pour aller à l’accélération de la production, laissent entendre les experts du GEW (Global Enterpreneurship Week) Algeria, réunis mardi 10 novembre à Alger, dans le cadre de la préparation de la semaine du GEW du 16 au 22 Novembre à Alger. « Les entrepreneurs algériens butent toujours sur la première étape de la création des entreprises », regrette Mme Halich, Directrice d’Evaluation des Projets au niveau du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Pour elle « les entrepreneurs à l’étrangers ne pensent plus à cette première étape de démarches administratives, juridiques et logistiques. Ils ont même dépassé l’étape de l’incubation des entreprises. Les réflexions sont actuellement centrées sur l’accélération de la production, tandis que chez nous, les problèmes administratifs ralentissent durant de longues périodes le démarrage des start-up », a-t-elle expliqué. Le retard réside également, selon elle, dans la perception même de l’acte entrepreneurial, qui doit évoluer rapidement : « La psychologie des entreprises doit également évoluer. On ne peut plus continuer à parler de l’esprit de l’entreprise, ça devrait être une chose acquise, il faut aller vers l’optimisation de la production », a-elle estimé.

La rentabilité au cœur de l’entrepreneuriat

Pas seulement, considère Mme Fatiha Rachedi, Lead de la GEW Algeria, pour qui le retard accusé par les entreprises algériennes est du surtout au modèle même de l’activité entrepreneuriale. « Il faudrait que les porteurs de projets nationaux quittent le modèle technico-économique (passage par un bureau d’étude pour l’évaluation du marché et des opportunités de production), pour un Business Model, dans lequel l’entrepreneur devient son propre bureau d’études et promeut sa propre production et surtout, passe à l’étape de la pérennité de cette dernière », a-t-elle expliqué. La coordinatrice de la GEW Algeria explique que les questions de ”comment démarrer mon entreprise et comment produire n’ont plus lieu d’être posées”. ” Il faudrait que l’on débatte avec tous les partenaires sur comment pérenniser les entreprises,les incuber et les mentorer ”, explique t-elle, préconisant qu”’il faut placer la rentabilité au cœur de l’entrepreneuriat ».

Améliorer l’écosystème entrepreneurial

Le GEW Algeria œuvre pour la création d’un Ecosystème entrepreneurial dans lequel tous les acteurs (ministères, entreprises, ONG, centres de recherches, étudiants, organisations patronales…) doivent participer pour la promotion d’une culture entrepreneuriale dans tout le pays. ”Nous sommes présents dans les 48 wilayas, mais nous devrions aller dans les villes et augmenter le nombre de nos représentations. Nous devrions également créer une communauté de Start-up, sensibiliser les médias à travers l’organisation du Media Entreprenership Day, ainsi qu’une journée destinée à l’Entreprenariat féminin, qui sera célébrée le 19 novembre, entre autres », a-t-elle détaillé. Créé en 2008, le GEW est une plate forme américaine de réseautage des entreprises et des acteurs économiques de 160 pays. Il aide les entrepreneurs de part le monde à lancer et accompagner leurs productions au niveau local et international. L’Algérie, primée à plusieurs reprises pour ses avancées, y est présente avec 189 activités et 27 partenaires dont les ministère de l’Industrie et des Mines, le Ministère du Travail, de l’Energie, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifiques, etc. Elle a été sacrée en 2015 Country Of the Year (Pays de l’année) par le Congrès Mondial de l’Entrepreneuriat, en se classant deuxième sur 149 pays.