La guerre sur le gaz se fera également par la réduction des prix du gaz, et l’Algérie doit rester pragmatique pour défendre ses parts de marché. Elle doit aller en extrême Orient et négocier avec la France pour faire passer son gaz par les Pyrénées via Med Gaz.

 

 « La guerre du gaz entre les plus grands producteurs gaziers du monde à savoir le Qatar et la Russie a déjà commencé. Ces deux pays à coté d’autres acteurs se battent pour conserver leurs parts de marché », observe  M. Nazim Zouiouèche. Lors de son passage ce 29 mars à l’émission « L’invité du Direct » de Radio M, l’ancien Pdg de Sonatrach estime que cette guerre du gaz succèdera à celle du pétrole et que le Qatar prendra le rôle accompli par l’Arabie Saoudite dans celle du pétrole.

 

Cette guerre se fera aussi par la réduction des prix du gaz

 

Pour Nazim Zouiouèche, cette guerre du gaz se fera, à l’image de celle du pétrole, par la réduction du prix du gaz pour le maintien des marchés. Etant donné que les prix du gaz sont indexés sur ceux du pétrole, « il y a un risque certain de voir des pays se battre pour leurs parts de marché », anticipe l’expert en énergie. Ce dernier évoque un exemple récent sur ce déclenchement soudain de la guerre gazière. « Le Qatar qui avait un contentieux avec l’Inde sur leur contrat gazier, a accepté de modifier des clauses du dit contrat en échange de l’augmentation de ses livraisons de gaz », illustre-t-il. Il met en garde contre de prochaines guerres sur l’offre mondiale.

L’Algérie doit rester pragmatique mais ferme

Le marché gazier algérien est situé dans  le sud de l’Europe. Un marché qu’il faudrait protéger d’autant plus que l’Algérie dispose des moyens concurrentiels pour le faire, selon l’ancien Pdg de Sontrach. « Les trois gazoducs qui relient l’Algérie à l’Espagne et à l’Italie constituent des moyens concurrentiels  pour le marché européen », juge M. Zouiouèche. Mais pour le préserver, l’Algérie doit rester « pragmatique mais ferme ». « Il faudrait que nous soyons pragmatiques, mais que nous restions fermes sur les take or pay. Nous devrions maintenir nos contrats à long terme.  Il faudrait que nos négociateurs s’adaptent à la situation », a-t-il considéré.

 

Se battre pour le marché de l’Extrême Orient

 

Si Nazim Zouiouèche estime que l’Algérie a l’avantage d’avoir un marché sud européen captif, il pense cependant, qu’elle doit se battre pour avoir plus de parts de marché dans l’Extrême Orient. « Le marché de l’Extrême Orient est un marché plus rémunérateur que le marché sud européen, et nous, nous ne sommes pas très présents », regrette-t-il. Pour les autres sorties possibles du gaz algérien, L’ancien Pdg de Sonatrach recommande à son ancienne entreprise de discuter également avec la France à fin que cette dernière accepte de s’approvisionner en gaz algérien par les Pyrénées via le gazoduc MedGaz. 

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