Claudio Desclazi, PDG du groupe italien ENI (dr)

 

 L’affaire SAIPEM-Sonatrach dont le procès se déroule actuellement en Italie n’en finit de se rappeler au bon souvenir de l’ancien ministre de l’énergie algérien Chakib Khelil.

 

 

Claudio Descalzi, PDG du groupe italien ENI a témoigné lundi dans le procès qui se déroule à Milan au sujet des pots-de-vin de 198 millions d’euros qui auraient été versés par SAIPEM, une filiale du groupe, à des responsables algériens en contrepartie de l’obtention de contrats d’une valeur globale de 8 milliards de dollars.

 Au cours de cette audience, le PDG du groupe ENI a clairement défendu son prédécesseur Poalo Scaroni, poursuivi dans cette affaire. Selon lui, Scaroni ne pouvait, même s’il l’aurait voulu, jamais exercer un pouvoir sur SAIPEM. 

Dans ses réponses aux questions du procureur Fabio De Pasquale et des avocats de Scaroni, Claudio Desclazi a déclaré que son prédécesseur n’a jamais «interféré dans les affaires de SAIPEM ou d’autres entreprises ».  Selon lui, Scaroni ne « pouvait pas traiter des questions opérationnelles de Saipem car les procédures internes le lui interdisent de le faire ».

 

Bejdaoui, le « secrétaire » du ministre

 

 Durant la déposition du PDG d’ENI qui a duré toute la matinée, précise le journal La Repubblica, le procureur a pose de nombreux sur des mails échangés entre 2006 et 2008.  Le procureur lui demandé s’il était normal que Pietro Talli, alors administrateur délégué de Saipem – aujourd’hui poursuivi – soit le «porte-parole d’ENI pour les questions confidentielles avec le gouvernement algérien ».

 «Talli n’avait ni les connaissances, ni les compétences pour le faire » a indiqué Descalzi en précisant cependant «qu’il n’était considéré comme un homme étranger à ENI. Il est certain qu’il était un manager très présent en Algérie. Si Saipem avait la possibilité d’arriver en premier auprès du ministre, cela est possible que cela soit arrivé. Est-ce anormal ? Peut-être que oui, mais il n’est pas certain que cela ait été  nuisible à l’entreprise ».

 Desclazi a déclaré avoir entendu Antonio Vella, responsable d’ENI pour l’Afrique – qui fait partie des accusés – dire que Farid Bedjaoui était le «secrétaire » du ministre algérien de l’énergie, Chakib Khelil. «Je ne saurais dire, a-t-il ajouté, s’il était l’interlocuteur de Scaroni. Si Scaroni l’a rencontré, je pense que Farid Bedjaoui jouait « le rôle de messager et d’ambassadeur du ministre algérien »