Algérie Smartphones
Le marché algérien de la téléphonie mobile est partagé en deux grands segments.

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A Belfort, près d’El-Harrach, les téléphones portables « entrée de gamme » connaissent une flambée. La hausse va jusqu’à 30%. Des explications.

Les appareils téléphoniques d’entrée de gamme ont enregistré une brutale hausse au quartier de Belfort, à El-Harrach, principal centre de commercialisation pour la téléphonie mobile en Algérie, a-t-on constaté en début de semaine. Les hausses varient de 10 à 30% selon les modèles, notamment les plus populaires, selon un opérateur. Plusieurs grossistes en conviennent. Un appareil Nokia 108 est passé de 3.200 dinars à 3.750 dinars. Le modèle 107 du même constructeur coûte 3.200 DA, contre 2.300 DA il y a un mois. Chez Samsung, le modèle 1.200 est passé de 1.700 dinars à 2.300 dinars.
Deux causes sont avancées pour expliquer cette évolution des prix. Selon un grossiste, la hausse du dollar a provoqué un renchérissement automatique du prix en dinars. Les appareils téléphoniques sont en majorité achetés en zone dollar. Le marché algérien est dominé par Samsung, suivi des autres marques asiatiques et américaines, qui talonnent Nokia. L’euro est peu utilisé dans ces transactions. A l’inverse, un commerçant conteste cette version. Le dollar a augmenté de moins de dix pour cent par rapport à l’euro, note-t-il, alors que le prix des appareils téléphoniques a augmenté jusqu’à 30% en quelques semaines. Il estime, donc, qu’il y a « manipulation du marché », la hausse du dollar étant répercutée de manière disproportionnée sur le prix.
Deux segments
Selon lui, le marché algérien de la téléphonie mobile est partagé en deux grands segments. Le premier, formel, s’adresse aux entreprises, aux administrations, et à une clientèle aisée, qui « achète avec facture ». Ce segment est normalisé. Il est partiellement alimenté par des réseaux légaux, et affiche traditionnellement des prix de dix à trente pour cent plus élevés.
Le second segment, « populaire », est symbolisé par le marché de Belfort. On y trouve des centaines de commerces, qui « ferment presque tous quand des agents de l’administration des impôts s’y aventurent ». La règle dans ce type de marché est de fournir des factures de complaisance, qui permettent juste de transporter la marchandise sans être inquiété par d’éventuels contrôles.
Ce marché est aussi plus réactif. On y retrouve les nouveaux modèles des semaines avant les grands magasins. Et c’est là que se fait la réputation des nouveaux produits. « Il suffit d’un bruit, d’une rumeur, pour assurer la réputation d’un produit, ou la détruire », selon un commerçant.
Le succès de Condor
C’est là, curieusement, que s’est faite la réputation des produits Condor, affirme un autre revendeur. Cette marque a commercialisé plusieurs modèles, dont trois sont extrêmement côtés, le C2, C6 et surtout le C8. Ce modèle est introuvable, alors qu’il est très demandé sur le marché, selon notre interlocuteur.
Des dizaines de fournisseurs assurent la prospérité du marché de Belfort où on trouve tout : de la dernière tablette Microsoft comme téléphone mobile chinois qui vient à peine d’être mis sur le marché. Les commerçants s’alimentent aussi bien auprès des fabricants, que chez des « spécialistes » qui ramènent quelques appareils de l’étranger, à travers des réseaux très complexes. Eux-mêmes fournissent des milliers de commerces dans tout le pays. « Il faut être capable de répondre à n’importe quelle demande, le petit appareil téléphonique pas cher comme le modèle luxueux », affirme Mohamed Bouzid, commerçant réputé à Belfort. Il brandit la superbe tablette Microsoft, « Surface », qui vient à peine d’arriver et dont il n’a pas encore fixé le prix, ainsi que deux concurrentes de Samsung et Condor. Mais dans le même temps, dit-il, « il faut pouvoir répondre à une demande de 50 ou 100 appareils Samsung Galaxy S5, qui reste un produit phare ».