Nazim Zouioueche, ancien P-DG Sonatrach et consultant en énergie/ P: Ahmed Sahara

« Avant d’exercer le droit de préemption contre le rachat des actifs d’Anadarko par le français Total, il faut bien réfléchir », a déclaré l’ancien P-DG de Sonatrach et expert pétrolier, Nazim Zouiouech.

« Il faut que les autorités algériennes raisonnent  par intérêt et fasse bien la part des choses, en cherchant ce que pourrait apporter le rachat ou non de ces actifs d’Anadarko en Algérie », a assuré Zouiouech lors de son passage sur Radio M.

Selon lui, il faut voir si ce droit de préemption sur le contrat de Total avec Anadarko est bénéfique pour l’Algérie ou s’il pourrait, au contraire, poser des problèmes à l’économie nationale. « C’est une décision qui doit être réfléchie et bien calculée pour essayer de voir ce que le rachat d’actifs d’Anadarko par Total pourrait nous apporter de mieux que ce que nous avons déjà », a expliqué l’ancien P-DG de Sonatrach.

En réaction aux dernières déclarations du ministre de l’Energie à ce sujet, l’invité de Radio M s’est dit étonné de la réaction rapide du ministre. « Ce qui m’a vraiment étonné c’est cette déclaration rapide du ministre de l’Energie,  qui a laissé entendre que l’Algérie allait exercer son droit de préemption avant de revenir sur ses déclarations le lendemain, après réflexion », a-t-il indiqué.

Pour Zouiouech, « les déclarations du ministre sont en totale contradiction avec le dernier discours du nouveau P-DG de Sonatrach, qui avait déclaré que le groupe pétrolier national était toujours ouvert aux partenariats ».

« Sonatrach a raté l’occasion de devenir une compagnie internationale »

Par ailleurs, l’ancien P-DG a rappelé qu’auparavant, Sonatrach était actionnaire dans Anadarko avec une participation de 7 à 8%. « Mais Sonatrach avait vendu ses actions sous Chakib Khelil en 2007/2008 », a-t-il déploré. « Cela nous a rapporté de l’argent certainement, mais je pense qu’on aurait pu rester actionnaire d’Anadarko et travailler avec cette grande entreprise pour gagner notre place à l’international », a-t-il rajouté.

« Aujourd’hui, on dit que Sonatrach doit se diversifier et prendre des intérêts à l’étranger pour devenir une véritable compagnie internationale, mois je dis qu’on a eu cette occasion et on n’a pas su la saisir », regrette Zouiouech.
Sur un autre plan, et concernant la situation politique actuelle de l’Algérie et son impact sur le partenariat étranger, l’invité du direct de Radio M a affirmé que « tous les partenaires de l’Algérie s’intéressaient à ce qui se passe dans le pays, et veulent savoir comment évolueront les choses à l’avenir».

« Ce qui est important c’est que tout se passe dans de bonnes conditions et sans dérapages », a-t-il rappelé en ajoutant que l’Algérie reste un pays qui intéresse les grandes sociétés pétrolières, « mais ces sociétés attendent une nouvelle loi sur les hydrocarbures et que les promesses relatives aux partenariat se concrétisent », a-t-il souligné.

A ce sujet, Zouiouech a indiqué que les partenaires de l’Algérie peuvent encore patienter quelques mois, « mais il faut rapidement concrétiser ces promesses de partenariat,  annoncés par le nouveau P-DG de Sonatrach ».