Abdelatif Benachenhou, économiste et ancien ministre des Finances/Ph: Y.Bouktache

Selon Abdelatif Benachenhou, les prélèvements sont trop importants dans le secteur énergétique et Sonatrach se trouve doublement pénalisée, d’abord par les impôts qu’elle paie et ensuite par la subvention du carburant amenant les prix domestiques à un très faible niveau et qui fait qu’elle prenne en charge tous les automobilistes.  

 

L’économiste et ancien ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou est formel : « Les prélèvements au titre de la fiscalité pétrolière sont trop importants et impactent négativement l’investissement dans le secteur énergétique ». Des prélèvements, a-t-il souligné, qui pénalisent et Sonatrach et ses partenaires étrangers. « Il faut regarder de près l’impact des prélèvements au titre de la fiscalité pétrolière qui étaient trop importants avant même la baisse des prix du baril de pétrole. Ces prélèvements alimentent une dépense publique dont l’efficacité marginale est discutable », a-t-il estimé dans l’émission Invité du « Direct » de Radio M, la webradio de Maghreb Emergent. L’ancien ministre illustre son propos sur l’impact des prélèvements sur l’investissement, par les résultats mitigés des appels d’offres lancés par l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) depuis 2008. Selon lui, trop de prélèvements dissuadent les investisseurs. « Il faut se poser la question de savoir pourquoi ces appels n’ont pas été fructueux. On nous a jamais expliqué pourquoi ! », a-t-il asséné.

Le poids des subventions du carburant

Quant à la compagnie nationale, elle est doublement affectée parce qu’elle pâtit, en plus des impôts qu’elle paie, du poids de la subvention du carburant. « Les prix domestiques du carburant sont trop faibles, c’est Sonatrach qui prend en charge les automobilistes. C’est une subvention prise au détriment de l’investissement. Or, l’impact budgétaire de cette subvention est socialement inéquitable. Alger, par exemple, en prend une part plus que disproportionnée », a-t-il déclaré. Et de proposer une augmentation progressive des prix du carburant comme il l’avait suggéré, a-t-il rappelé, en 2004. « Si nous l’avions fait depuis 2004 à raison de 2 DA par an, il serait à un niveau acceptable aujourd’hui. La proposition a suscité un tollé à l’époque mais, je répète ce que j’ai dit en 2004, commençons à l’augmenter, par étape », a-t-il recommandé.

Extaits vidéo : http://bit.ly/1vTFww7

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