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Interrogé sur le projet des villes intelligentes en Algérie, il dira que le développement d’un pays ou d’une ville ne peut venir de l’imitation.

Les Algériens ne doivent pas avoir peur de la généralisation de l’utilisation de l’intelligence artificielle, estiment les intervenants à la première édition du meet up event dédié à l’intelligence artificielle qui s’est tenue samedi dernier au théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi à Alger.

Pour l’architecte et consultant Halim Faidi qui s’est exprimé au sujet des villes intelligentes, l’arrivée de l’Internet a complètement modifié le tissu urbain dans les quatre coins du monde. « Tout a changé avec l’arrivée de l’Internet et l’accélération de l’exode vers les villes », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « L’Internet a accéléré l’évolution de la société ».

Parlant de l’impact de l’intelligence artificielle sur les vies des humains, il dira qu’e 2020 le nombre d’objets connectés atteindra les 25 milliards à travers le monde. Un chiffre qui confirme la pénétration de la technologie dans la vie quotidienne des humains. D’après lui, aucun spécialiste n’avait prédit le monde d’aujourd’hui. « Les spécialistes n’avaient pas prévu la généralisation d’internet et l’arrivée de l’intelligence artificielle », explique-t-il avant d’appeler à ne pas céder aux analyses qui dessinent un avenir sombre à cause de l’intelligence artificielle. « Le changement a toujours fait peur aux gens. Ce sentiment de vouloir maintenir le cadre de vie du moment, a toujours existé, mais l’humanité finit toujours par accepter et adopter le développement », a-t-il souligné. En outre, il estime que l’homme profite déjà de l’intelligence artificielle. « Nous sommes déjà des êtres humains augmentés. Avec les lunettes, les prothèses et autres, l’homme a accepté qu’on augmente ses capacités », affirme-t-il.

Interrogé sur le projet des villes intelligentes en Algérie, il dira que le développement d’un pays ou d’une ville ne peut venir de l’imitation. « Il faut surtout éviter d’importation des concepts et les idées toutes faites. Ça ne sert à rien d’importer ce qui a été fait à Dubaï ou dans une autre ville du monde », fait-il remarquer. Il enchaine : « Le développement doit venir de nous ». Selon ses dires, l’Algérie dispose de potentialités pour concevoir ses propres projets de développement. « On parle souvent de développement, mais on oublie qu’à Ghardaia nous appliquons ce model depuis des millénaires. Idem pour la Casbah d’Alger », dit-il.  

De son côté, le consultant en IA, Idriss Aberkane a expliqué lors de son intervention que l’intelligence humaine reste supérieure à l’intelligence artificielle. « Certes, elle (L’IA) permet de réaliser des tâches mécaniques avec plus de précision et dans les meilleures délais, mais elle reste inférieure à l’homme », note-t-il.

« L’intelligence artificielle a failli déclencher au début des années 80, une guerre nucléaire mondiale entre l’URSS et l’Otan à cause d’une erreur des radars soviétiques. Ces derniers avaient signalé d’arrivée d’une dizaine de missiles sur le territoire de l’URSS alors qu’il s’agissait  d’une erreur provoquée par des tempêtes solaires », raconte-t-il. Il poursuit : « C’est grâce à la sagesse d’un responsable militaire soviétique que le pire a été évité. Ce responsable a préféré privilégier l’hypothèse de l’erreur que celle d’une vraie attaque militaire et il n’a pas informé les hauts responsables à Moscou. S’il l’avait fait, ces derniers auraient ordonné une riposte nucléaire ».

En clair, il estime que l’intelligence artificielle fonctionnant seule, c’est-à-dire loin de contrôle humain, pourrait conduire à des désastres. « Des essaies ont montré que des drones équipés d’armes peuvent se tromper de cible. C’est pour cela qu’il ne faut pas laisser l’intelligence décider à la place des humains », plaide-t-il. Toutefois, il ne nie pas les bienfaits de l’intelligence artificielle. « L’intelligence artificielle bien utilisée permettra d’améliorer la vie des gens et d’aider les médecins, les ingénieurs et autres dans leur travail », précise-t-il.

A une question, sur les projets que mènent certaines grandes boites mondiales sur l’implantation des puces dans le cerveau humain, le conférencier dira qu’aux USA on commence déjà à utiliser cette technique pour soigner les anciens militaires dépressifs.

Quelle conséquence sur l’emploi ?

Parlant des conséquences de l’intelligence artificielle sur le travail, Idriss Aberkane reconnait que des millions de postes de travail vont disparaitre. « Il est clair, que les tâches mécaniques seront remplacées progressivement par les machines. L’homme ne va plus intervenir dans ce domaine ce qui provoquera des départs au chômage. Toutefois, de nouveaux métiers vont arriver sur le marché », dit-il. Pour éviter le chômage en masse, l’orateur recommande la révision des systèmes de formation de sorte à arrêter de former des gens pour des tâches mécaniques demandant une grande précision. « Il faut former les gens à être pluridisciplinaires car l’IA ne peut intervenir dans plusieurs domaines à la fois », recommande l’expert.