Abdelmadjid Attar, ancien PDG de Sonatrach /Ph. A. Begheit

Le  « dénouement » de l’affaire Sontrach1 est  un signal pour dire que Sontrach 2 va se régler rapidement, estime l’ancien Pdg de Sonatrach, Abdelmadjid Attar.

 

Lors de son passage ce 03 février à l’émission l’Invité du Direct sur Radio M, l’expert international en énergie, également ancien Pdg de Sontrach, applaudit la décision « sage » du tribunal criminel près la Cour d’Alger, qui a prononcé hier, son verdict dans l’affaire Sontrach1.

Abdelmadjid Attar se dit « content » pour les prévenus et leurs familles.  « C’est un  soulagement extraordinaire pour les  familles qui n’ont pas vu leurs proches incarcérés pendant six ans sans jugement. Mais, il y a des douleurs qui vont rester », s’est-il exprimé. Pour M. Attar, le procès n’est pas sans conséquences sur le moral et le déroulement du travail au sein de l’entreprise pétrolière. Il se demande si cette décision judiciaire n’est pas une tentative d’assainissement de l’atmosphère et un signal destiné à ceux qui travaillent à Sonatrach pour qu’ils continuent  à travailler et à aller de l’avant de la même façon qu’avant et revenir à une ambiance seine et prendre des initiatives.

Le préjudice interne et externe de l’affaire Sonatrach 1

Abdelmadjid Attar qui fut également ministre des ressources en eaux a relevé les préjudices internes et externes engendrés par ce procès. Pour lui, ce scandale de corruption  a occasionné des replis et des hésitations chez les preneurs de décisions de la plus grande compagnie nationale, ce qui a donné lieu à un retard dans la réalisation de nombreux projets.  « Le dégât que cette affaire a provoqué au sein de Sonatrach est très important. Sa  procédure étant très lente, les cadres ne faisaient qu’attendre le résultat du procès. Ce dernier  a démoralisé les troupes et  a entrainé une extrême prudence qui s’est traduite par la non prise d’initiative », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «  Il n’est pas bon d’être extrêmement prudent car il faut pouvoir prendre des décisions surtout dans le secteur des hydrocarbures. Un secteur où il faut décider vite. Mais on ne décide vite que si on se sent protégé et en sécurité. Même si on fait des erreurs ».

L’ancien Pdg de Sontrach indique que le préjudice moral engendré par cette affaire a pris des proportions très importantes et a atteint même les femmes et les hommes de Sonatrach qui sont entrain de produire dans les gisements.

L’autre grand dégât, selon monsieur Attar,  est l’atteinte à l’image de marque de Sonatrach à l’international, notamment auprès des  partenaires et des fournisseurs de Sonatrach qui ont commencé à s’en méfier. « Les partenaires de Sontrach  ne font plus  confiance aux dirigeants de l’entreprise, ils ont des doutes sur le preneur de décisions. Cela a  entrainé des retards dans les projets », constate-t-il avec regret. 

Enfin, Abdelmadjid Attar espère que ce « dénouement » va rétablir une certaine confiance entre les éléments de la plus grande compagnie pétrolière du continent, et son image de marque à l’international. Il estime aussi que  c’est  un signal pour dire que Sontrach 2 va se régler rapidement et que les gens puissent reprendre le travail le plutôt possible.

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