C’est la stupeur générale au tribunal de Sidi M’hamed en cette matinée du 10 août 2020 ! Le juge vient de prononcer son verdict dans l’affaire du journaliste Khaled Drareni : 3 ans de prison ferme et 50 000 DA d’amende.

Dans le même dossier, Samir Belarbi et Slimane Hamitouche écopent quant à eux de 2 ans de prison dont 4 mois ferme et 50 000 DA d’amende. A noter que les deux ex-accusés ont déjà purgé leur peine de prison ferme et resteront, à ce titre, en liberté.

Surprise générale au tribunal Sidi M’hemed

Pourtant, avant que la présidente de la séance, la juge Wassila Ziyouche prononce le verdict contre le journaliste Khaled Drareni et les deux militants Samir Belarbi et Slimane Hamitouche, l’assistance, journalistes et avocats réunis en salle d’audience, étaient plutôt optimistes quant au verdict final.

Comme le confirme l’avocate de la défense des trois co-accusés, Aouicha bakhti, qui “s’attendait quand même à une peine de 6 mois de prison seulement, pour justifier son maintient en détention provisoire”. Elle croyait même que le journaliste “pourrait sortir de la prison dès aujourd’hui !”

“Comment peut-on condamner à 3 ans de prison ferme un journaliste qui n’a fait que son travail et qu’il l’assume ?”, s’interroge-t-elle.

Un verdict injuste !

Pour sa part, l’avocat Faïza Guetache, spécialiste des procédures pénales, estime que “le dossier des trois accusés aurait dû été traité de la même manière. Mais surtout qu’il soit plus juste pour le journaliste Khaled Drareni”. Parce que, selon la même avocate, “Khaled Drareni est journaliste et il a été arrêté en pleine mission de travail, lors de la couverture d’une marche le 7 mars dernier”.

“Quand on compare le verdict avec celui des deux autres militants accusés (Hamitouche Slimane et Samir Belarbi), on remarque qu’ils sont condamnés à 2 ans de prison dont 4 mois fermes. Mais pour leur co-accusé Khaled, la Drareni sentence finale est de 3 ans de prison ferme. La question qui se pose, c’est comment on peut prononcer un verdict différent dans le même dossier contenant les mêmes faits et les mêmes accusations et les mêmes procédures ?”, ajoute-t-elle.

“Ce dossier est plein de vices de procédures et de forme. Je regrette ce qui s’est passé aujourd’hui dans ce tribunal”, a-t-elle conclu.

Pour rappel, le procès de Khaled Drareni et ses co-accusés Samir Belarbi et Slimane Hamitouche (tous deux en liberté provisoire) s’est tenu en date du 2 août dernier, avec en perspective une libération imminente du jeune journaliste, qui au grand dam de ses confrères et consœurs de la grande famille de la presse, n’aura pas lieu !