Fekhar
Ils étaient nombreux dès dix heures à s’attrouper à coté du carré mozabite du cimetière d’El Alia à Alger. Dans une organisation parfaite avec des agents de sécurité et des secouristes, la cérémonie d’enterrement de Kamaleddine a été parfaitement organisée par la communauté mozabite de la capitale.

Plusieurs centaines de personnes sont venus, des quatre coins du pays, pour rendre un dernier hommage au défunt militant, Kameleddine Fekhar, décédé mardi dernier dans le pavillon carcéral de l’hôpital de Blida. Les personnes venues de plusieurs régions, ainsi que plusieurs personnalités nationales ont assisté à la cérémonie mortuaire, Karim Tabou, Fathi gheras, Said Saadi, Mohcine Benabes, Said Khlili, Mokrane Ait Elarbi, Mustapha Bouchachi , Ali Laskri ainsi que Nadia Matoub, ont rendu un dernier hommage à Fekhar.

Sous un portrait géant du défunt, de jeunes militants mozabites et d’autres personne ont crié haut et fort des slogans hostiles au pouvoir en l’accusant d’avoir « assassiné Kameleddine Fekhar » (Kamel eddoula ketlatou) et exigé justice pour cet acte.

Les amis de Kameleddine Fekhar ont aussi scandé des slogans empruntés au Hirak populaire.

L’avocat du défunt Kameleddine fekhar, Me Salah Debouz a déclaré au milieux d’une grande foule, qu’il allait « demander des comptes à l’Etat algérien.

A 13 heures, alors que l’appel à la prière d’El Dohr se faisait entendre, les organisateurs ont préféré orienter la foule vers le parking pour procéder à la prière , la mosquée Ibadite ne pouvant accueillir autant de monde.

Lorsque la dépouille de feu Kamaleddine Fekhar est sortie de la mosquée à 14h18 pour procéder à la prière du mort, plusieurs milliers de personnes se trouvaient sur place, rendant très difficile le transport du linceul et il faudra plus d’un quart d’heure pour commencer la prière.

C’est l’avocat et ami de Kamaleddine Fekhar qui a prononcé l’oraison funèbre dans un climat de silence et d’émotion. Maître Dabouz se rappellera d’une phrase du défunt « je vivrais digne ou je mourrais ».

En larmes Maître Dabouz conclura « dors en paix, le pays, moi et mes camarades marcherons sur tes pas ».

Ce n’est qu’après 15 heures que Kamaleddine Fekhar a été mis en terre, sous les yeux de son camarade de cellule Hadj-Ibrahim Aouf, très affaibli et d’un cercle de plusieurs centaines de personnes de sa famille.

Le compagnon et ami de Kameleddine Fekhar et même son ex-codétenu, Hadj Ibrahim Aouf était présent à Elalia pour un dernier adieu à son camarade de lutte démocratique. Il était affaiblie par ses 58 jours de grève de faim.