Kamel Benkoussa prévoit une faillite à la vénézuélienne à l’Algérie si le Gouvernement continuait à se complaire dans son « attentisme » et guetter la reprise des cours du pétrole.

Kamel Benkoussa, expert financier international et ex-candidat à l’élection présidentielle, a comparé, lors d’un passage sur Radio M, l’Algérie au Venzuela qui est au bord de la faillite. En effet, rappelant que l’inflation au Venezuela est pas loin de 500% et qu’elle tend vers 700% », il a fait savoir que pour qu’une famille vénézuélienne moyenne puisse vivre une semaine, il lui faut un salaire 22 fois supérieur au salaire minimum » avant de préciser que « l’Algérie va clairement dans ce modèle ». « La grande différence qui existe aujourd’hui entre l’Algérie et le Venezuela, c’est que le Venezuela est le pays qui a les plus grandes réserves pétrolières dans le monde et qu’il est en même temps allé à la dette. Nous, on est sorti de la dette au début des années 2000 mais nous y retournons, ce qui veut dire que nous sommes exactement dans le même chemin que le Venezuela, à savoir la baisse des revenus des hydrocarbures, le déficit budgétaire qui s’accentue, et le recours à la dette », a-t-il dit en comparant l’Algérie à un train en vitesse qui va droit vers un mur. De plus, a-t-il estimé, malgré l’ampleur de la crise, le gouvernement en place est dans une position d’attentisme et attend la reprise des cours du pétrole. « Cette attitude est, pour moi, jusque-au-boutiste et suicidaire parce que beaucoup de facteurs ne dépendant pas de décisions internes à l’Algérie. L’instabilité politique générée par le Brexit peut prolonger la crise qui prévaut en Europe dans le temps, ce qui remettra à la surface beaucoup de questions. Attendre l’espoir d’un endettement international ou tout simplement de l’international dans la conjoncture actuelle est une erreur. On doit réellement s’inquiéter de ce qui se passe au Venezuela en se disant que demain, l’Algérie sera dans la même position, », a-t-il également relevé en appelant le Gouvernement à faire preuve de courage politique et mettre en place les réformes qui s’imposent.

« L’acharnement contre Rebrab ternira l’image du pays »

Interrogé sur l’attitude des autorités en vers les investisseurs et qui risque de ternir l’image d’Algérie auprès de ses partenaires et des institutions internationales, Kamel Benkoussa a indiqué que si demain l’Algérie va au financement international, on lui posera des questions non pas seulement sur son modèle économique mais aussi sur son modèle social et sur la situation des droits de l’homme et le respect des libertés ». A ce titre, il a estimé que « l’acharnement contre Rebrab et le groupe Cevital ternira l’image du pays ». « Quand les autorités s’attaquent au premier investisseur privé du pays, il est naturel que les institution internationales comme le FMI s’interroge sur la situation en Algérie. En s’acharnant contre Rebrab, le Gouvernement fait une grave erreur. Il gagnerait plus à gérer cette situation d’une façon calme, apaisée et en famille. Car l’attitude des autorités envers les investisseurs privés pèse dans les négociations avec les institution de financements multilatéraux dans la mesure où celles-ci voient le pays sous un tableau complètement noir ». Il a par ailleurs relevé que, même si le recours aux financements internationaux venait à se faire, son coût serait élevé à cause de l’ampleur du risque inhérent à une dérive sociale que génèrent les attitudes des autorités envers les opérateurs économiques en particulier et envers la société en général.

Extraits vidéo : http://bit.ly/29LDANH

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