A partir de septembre, l’Algérie devra payer la facture prévue avant la sortie du patient.

 

Largement en tête en nombre de séjours et en montant de dette impayée, l’Algérie est le plus mauvais client des hôpitaux de Paris avec une ardoise de près de 32 millions d’euros, dont les deux-tiers laissés par des particuliers.

Plus d’une vingtaine de pays étrangers doivent environ 118,6 millions d’euros à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) à la mi-novembre 2014. Un bilan publié le 7 juillet par la direction en commission médicale d’établissement (CME), montre que l’Algérie arrive en tête, avec 31,642 millions d’euros, suivie du Maroc (11 millions €), des Etats-Unis (5,66 millions €), de la Belgique (4,9 millions €), de la Tunisie (4,7 millions €), de l’Italie (4 millions €) et de l’Arabie Saoudite (3,7 millions €). Sur les 31,642 millions d’impayés de l’Algérie, plus de 20,3 millions reviennent à des particuliers.

Déjà en novembre 2012, l’Algérie, le Maroc, les pays de Golfe cumulaient la rondelette somme de 36 millions d’euros. La part de l’Algérie dans ce montant de 2012 était de 16 millions d’euros de dettes à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), auquel il faudra probablement ajouter celles laissées dans d’autres grands hôpitaux de France.

Le bilan de la CME indique aussi que le nombre de séjours de patients domiciliés à l’étranger a crû de 9,8%, entre 2010 et 2014. L’Algérie est toujours en tête avec 1750 et 2439 séjours enregistrés respectivement en 2010 et 2014. Elle est suivie, durant la même période, par le Maroc (994 en 2014), l’Italie (589 en 2014) et le Koweït (585 en 2014).

Des mesures seront prises

Pour tenter de limiter la hausse des impayés, l’AP-HP  propose une « nouvelle stratégie » qui devrait être appliquée à partir de septembre. Parmi les mesures proposées, il est stipulé que les patients non résidents ou organismes étrangers seront appelés à payer d’avance, pour tous types de soins, la base d’un « devis, calculé au prix de journée + 30% ». Il est également précisé qu’ »aucune prise en charge d’organisme étranger ne sera plus acceptée, sauf si cet organisme règle d’avance à la place du patient ».

Cependant, l’AP-HP prévoit des dérogations, dont l’Algérie est exclue, permettant à certains organismes du Maroc, des Emirats Arabes Unis, du Koweït, et d’Arabie Saoudite, de « régler les soins de leurs adhérents, urgents ou programmés, sur facture après la sortie du patient ». Pour les patients accueillis en urgence, un règlement ultérieur sera accepté.  Le document note qu’un montant de 10 millions d’euros déjà été récupérés en 2014 grâce des majorations de 30% sur ses tarifs pour les patients résidant à l’étranger.