Les risques qu’engendrent les renégociations des contrats, le manque d’investissement notamment dans les sites vieillissants, ainsi que les questions sécuritaires,  entraîneraient une réduction des exportations algériennes en gaz vers l’Europe dans les 2 à 3 prochaines années, selon Carlos Malacarne.

 

L’Algérie et la Libye pourraient réduire leur livraison de gaz vers l’Europe dans les deux à trois prochaines années, en raison des « instabilités politiques », lit-on ce mardi 17 décembre, dans le site Bloomberg. Le Directeur Général de SpA (société italienne leader dans le transport de gaz vers l’Europe) M. Carlo Malacarne, a indiqué que cette réduction éventuelle de l’approvisionnement européen en gaz algérien et libyen serait due également au manque d’investissement et aux renégociations des contrats.

L’Algérie et la Libye sont les deuxièmes fournisseurs de l’Europe après la Russie, avec  de 10% de gaz naturel réceptionné en 2013. Cependant, le recul des achats européens en gaz libyen (qui représentait en 2013, 1% du marché européen), ont commencé dès le début de la crise libyenne en 2011, en raison du ralentissement de la production suite aux attaques répétitives et au sabotage des installations pétro-gazières libyennes, notamment le Croissant pétrolier

La Libye a perdu 30% de sa production annuelle en gaz naturel, qui était de 15,1 millions de tonnes équivalents de pétrole en 2010,  selon les données de l’Agence Internationale de l’Energie.

Je ne pense pas  que les entreprises européennes décident d’investir en Algérie

L’Algérie qui couvrait 8% de la demande européenne en gaz en 2013, a réduit ses livraisons gazières à l’Europe suite à l’attaque terroriste sur le site gazier de Tiguentourine (In Amenas) en 2013, et pourrait perdre davantage de parts de marchés car « ses Champs gaziers vieillissants nécessitent un investissement supplémentaire  pour le maintient des niveaux de production », opine Carlo Malacarne. La décroissance de la livraison algérienne en gaz serait aussi due à «la lenteur des progrès dans le développement de nouvelles sources en Algérie », comme le constate l’Agence Internationale de l’Energie. Les risques qu’engendrent  la renégociation des contrats take-or-pay, et qui feraient que  les acheteurs retardent leurs achats de gaz sans avoir à payer des pénalités, sont aussi des facteurs du recul de la vente du gaz algérien à l’Europe, selon le Directeur Général de Snam Rete Gas SpA. Pour lui, ces renégociations de contrats, l’inflexibilité des procédures d’investissement et les questions sécuritaires rebuteraient les compagnies européenne de venir en Algérie « Je ne pense pas aujourd’hui que les entreprises européennes décident d’investir en Algérie », a-t-il dit à Bloomberg.

L’incontournable recours au gaz russe

Le vieux continent qui a multiplié des tentatives d’indépendance vis-à-vis du gaz russe, notamment depuis le début de la crise ukrainienne en novembre 2013, se retrouvera donc, contraint d’ approfondir sa dépendance de ce gaz russe qui couvrait en 2013, 27% de la demande de l’Europe des 27. 

“ Sans le recours au gaz russe, je peux prévoir beaucoup de problème pour l’Europe”, a estimé Carlo Malacarne.