Chems Eddine Chitour a émis des réserves concernant la première phase du programme relatif à la production de 4050 MW.

 

L’Algérie ne sera pas au rendez-vous de la transition énergétique car le gouvernement n’a pas employé la bonne méthode, assure le Pr. Chems Eddine Chitour, ex-directeur l’Ecole polytechnique d’Alger, qui s’exprimait ce mercredi au micro de Radio M.

D’après lui, le programme de développement des énergies renouvelables qui prévoit, à l’horizon 2030, la production de 22.000 MW en renouvelables n’aurait pas dû être uniquement l’affaire du gouvernement. Il aurait dû impliquer la société civile, les universitaires et les opérateurs économiques, selon lui. « Le gouvernement algérien n’a pas adopté la bonne démarche », a-t-il affirmé. « Pour réaliser une stratégie énergétique et pour avoir une vision du futur, il faudrait un engagement pas seulement des décideurs mais aussi celui de la société elle-même car c’est elle qui est appelée à appliquer les mesures préconisées dans le programme », a-t-il ajouté.

Il a également émis des réserves concernant la première phase de ce programme, celle relative à la production de 4050 MW et dont l’appel d’offres est supposé être lancé à la fin de ce mois de mars. Pour lui, même divisé en trois lots de 1350 MW, le projet reste  risqué à cause de sa taille. « Même scindé en trois, ce projet est énorme et je pense qu’il serait risqué de donner à chacune des entreprises intervenantes le tiers du projet à gérer », dira-t-il.

Travailler avec la Chine et  l’Allemagne

Le Pr. Chitour estime, en outre, qu’il est très important de s’allier avec les pays qui ont déjà fait leurs preuves dans le domaine des énergies renouvelables afin de réaliser les objectifs fixés en matière de transition énergétique. Pour lui, la Chine et l’Allemagne sont les deux pays avec lesquels il faudrait impérativement travailler dans ce domaine.

« Il faut s’arrimer aux locomotives que sont la Chine qui est première dans le photovoltaïque  et l’Allemagne qui occupe la deuxième position dans cette branche », a-t-il préconisé rappelant que l’expérience des ces deux pays pourrait également être exploitée dans l’éolien.

Il attirera également l’attention sur l’importance du rôle à jouer par Sonatrach en matière de transition énergétique. « Sontarach doit s’impliquer fortement dans le domaine des énergies renouvelables comme l’ont fait d’autres compagnies pétrolières au niveau international », a-t-il souligné.