Les IDE préfèrent des destinations moins compliquées que l’environnement algérien des affaires (DR)

Considéré comme la principale référence internationale en matière d’évaluation des flux financiers d’investissement direct étranger (IDE) entre les pays du monde, le “rapport mondial des investissements” 2014 de la Cnuced a été publié au début du mois de juillet.

 

Il montre que malgré la crise économique, les IDE dans le monde continuent à augmenter à un rythme très soutenu. La tendance générale recouvre, cependant, de très fortes disparités régionales. On retiendra principalement que les pays en développement attirent désormais, ainsi que c’est le cas depuis 2010, un peu plus de la moitié (54% en 2013) des flux d’IDE mondiaux, et l’Asie en développement, attire maintenant plus d’IDE que l’UE ou les États-Unis. Une conclusion moins souvent relevée, est que la part des pays en développement et en transition, en tant qu’émetteur d’IDE, est également en constante augmentation. En 2013, leurs investissements à l’étranger ont représenté un record de 39 pour cent des sorties mondiales d’IDE – contre seulement 12 pour cent au début des années 2000.

L’Algérie, un pays sous-performant

Sur cette toile de fond mondiale de croissance rapide des flux d’investissements entrant et sortant, l’Algérie apparait, à de nombreux égards au cours des dernières années, comme un pays qui « sous performe » tant au niveau du stock d’IDE rapporté au PIB, qu’au niveau de la contribution de ces IDE au développement économique du pays.
En Algérie, les investissements directs étrangers (IDE) ont bien enregistré une légère hausse en 2013, en s’établissant à 1,7 milliard de dollars contre 1,5 milliard de dollars en 2012, soit une augmentation de 13%. Le document de La Cnuced relève que “le gouvernement algérien a intensifié les efforts pour réformer le marché algérien et attirer davantage d’investissements étrangers”.
Il cite l’exemple de la Société de gestion des participations des industries manufacturières, qui a conclu un accord avec une société turque, Taypa Tekstil Giyim. L’objectif est de promouvoir le partenariat public-privé en Algérie, à travers la mise en place des joint-ventures.
La bonne nouvelle est donc que la baisse constante des IDE, enregistrée depuis 2009, à contre-courant des tendances internationales, semble donc enrayée, mais on reste cependant assez loin des 2,9 milliards de dollars enregistrés en 2009 ou même des 2,2 milliards de 2010.

Seulement 13e en Afrique

Avec un PIB qui est le 2éme ou le 3éme en Afrique, l’Algérie se classe seulement en 13éme position sur les 54 pays du continent en termes de montant des IDE. Selon le rapport, les entrées d’investissements directs étrangers en Afrique représentent au total 57 milliards de dollars en 2013, ce qui s’explique notamment par les investissements internationaux et régionaux visant à tirer parti de nouveaux débouchés, ainsi que par les investissements dans les infrastructures.
Les trois plus grands récipiendaires des investissements étrangers à l’échelle africaine sont l’Afrique du Sud (8,2 milliards de dollars), le Mozambique (6 milliards de dollars) et le Nigeria (5,6 milliards de dollars). En Égypte, le montant des IDE − 5,6 milliards de dollars − a diminué de 19%, mais demeure le plus élevé en Afrique du Nord. La plupart des pays voisins ont enregistré l’année dernière une hausse des investissements étrangers. Le Maroc et le Soudan ont tous deux réussi à attirer près de 3,5 milliards de dollars d’investissement, avec une croissance supérieure à 20% pour notre voisin de l’Ouest qui, à l’inverse de notre pays, semble avoir au cours des dernières années, tiré particulièrement son épingle du jeu dans la nouvelle distribution internationale des IDE.

Les industries extractives en recul sauf en Algérie

À l’échelle du continent africain, le bilan de la Cnuced relève une autre tendance de fond. Les industries extractives (mines et hydrocarbures) attirent toujours les IDE, mais la croissance économique et l’émergence d’une classe moyenne favorisent la croissance des investissements dans d’autres secteurs, notamment celui des services (banques, distribution et télécommunications). De fait, les IDE dans les matières premières arrivent bien toujours en 1ére position (25% environ) mais sont désormais talonnés par les télécoms, l’énergie, l’immobilier, le commerce et l’industrie. Dans ce domaine également, la tendance à la diversification sectorielle des investissements est beaucoup plus sensible au Maroc et en Tunisie qu’en Algérie, où les industries extractives continuent d’attirer la plus grande part des IDE.

Les IDE intra-régionaux en hausse, mais pas au Maghreb

L’Algérie et ses voisins immédiats restent également à l’écart d’une dernière tendance importante mise en évidence par les experts de la CNUCED, à propos des flux d’IDE en direction du continent africain. Il s’agit de l’importance croissante des flux d’investissement intra-régionaux. En 2013, les investissements directs étrangers en Afrique de l’Est ont augmenté de 15% pour atteindre 6,2 milliards de dollars, du fait de l’augmentation des entrées d’IDE au Kenya et en Éthiopie. En Afrique australe, les entrées d’IDE ont presque doublé, leur volume étant passé à 13 milliards de dollars, ce qui s’explique surtout par des entrées sans précédent en Afrique du Sud et au Mozambique.
Les investissements intra-africains augmentent, notamment du fait des Sociétés transnationales établies en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigeria. De 2009 à 2013, 18% des annonces d’investissements étrangers de création de capacités provenaient de pays africains, contre moins de 10% pendant la période 2003-2008. Des projets intra-africains qui se concentrent également dans le secteur manufacturier et le secteur des services.