Améliorer les systèmes d’irrigation est une condition de l’amélioration de la productivité.

A l’heure actuelle, le secteur agricole constitue un élément majeur de l’économie hors hydrocarbures du pays. Ensemble, les activités agricoles et agro-industrielles contribuent au PIB de l’Algérie à hauteur de quasiment 9%, et, en 2013, le secteur a employé plus de 2,4 millions de personnes – soit près d’un cinquième de la population active.

 

Des prix du pétrole en repli, auxquels s’ajoute une volonté d’améliorer la sécurité alimentaire, ont incité l’Algérie à accélérer les efforts déployés pour accroître la productivité dans le cadre de son nouveau plan quinquennal.

Fin 2014, le gouvernement a annoncé son dernier programme agricole, le « Plan  Quinquennal 2015-2019 »,  qui s’appuie sur la Politique de Renouveau Agricole et Rurale (PRAR) du pays. Le programme jouera un rôle pilote pour le développement du secteur jusqu’à fin 2019 et supervisera des changements ambitieux, tels que l’introduction de techniques de pointe en matière d’irrigation et une politique résolue visant à l’accroissement de l’utilisation d’engrais. L’Etat s’emploiera également à développer la production nationale de produits de base tels que les pommes de terre et le lait.

 

Renforcer un secteur clé

 

A l’heure actuelle, le secteur agricole constitue un élément majeur de l’économie hors hydrocarbures du pays. Ensemble, les activités agricoles et agro-industrielles contribuent au PIB de l’Algérie à hauteur de quasiment 9%, et, en 2013, le secteur a employé plus de 2,4 millions de personnes – soit près d’un cinquième de la population active. La part de l’agriculture dans le PIB a légèrement reculé depuis 2012, où elle était plus proche des 10%, mais cette baisse s’explique en grande partie par une hausse des recettes du secteur secondaire. De fait, la valeur de la production agricole n’a cessé d’augmenter ces dernières années, atteignant le chiffre de 23 milliards d’euros en 2013.

La PRAR, dont le lancement remonte à 2008, a joué un rôle moteur dans le développement du secteur ces dernières années, entraînant une croissance annuelle de la production agricole de 8,3% entre 2010 et 2014, contre une moyenne de 6% entre 2000 et 2008. Parmi les mesures introduites dans le cadre de la PRAR initiale, on peut notamment citer des dispositions visant à faciliter l’accès au foncier pour les agriculteurs et l’introduction de tarifs préférentiels pour les emprunts à destination des producteurs, ainsi que le déploiement d’efforts visant à encourager les activités agricoles dans des régions peu exploitées, tels que les Hauts-Plateaux.

Si la PRAR a été à l’origine d’améliorations en ce qui concerne la production, le développement et  la mécanisation, il y a encore beaucoup à faire, selon le ministre de l’agriculture Abdelwahab Nouri. « L’agriculture continue de se heurter à des difficultés en ce qui concerne le climat et un manque d’ordre institutionnel, » a expliqué M. Nouri lors d’un entretien accordé à OBG durant l’été 2014. « Pour répondre à ces défis, l’Etat a choisi d’allouer des ressources budgétaires supplémentaires destinées à améliorer le développement agricole et rural de 2015 à 2019, » a-t-il ajouté.

 

Place à la planification

 

Le dernier plan quinquennal accorde une importance accrue à la résolution d’un certain nombre de problèmes clés. Etant donné le climat aride du pays, on ne s’étonnera pas que l’utilisation de l’eau fasse partie des principales missions que s’assigne le plan. Le gouvernement espère créer 2 millions d’hectares de terres irriguées – contre 1,2 million d’hectares aujourd’hui – dont plus du quart serait réservé à la production de céréales. Les autorités sont également en plein dans la construction d’un système de canaux et de pompes d’une longueur de 22 km qui contribuera à soutenir la production de céréales dans le nord-est du pays ; l’amélioration de l’accès aux terres pour les agriculteurs relevant du secteur informel reste également une priorité.

En outre, l’utilisation d’engrais constitue un autre objectif du nouveau plan du gouvernement en Algérie. Le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural subventionne à l’heure actuelle le coût des engrais à hauteur de 20%. Des chiffres publiés par la Banque Mondiale indiquent toutefois que l’utilisation d’engrais en Algérie entre 2009 et 2013 est bien inférieure à celle de certains de ses voisins. En moyenne, les producteurs ont utilisé 12,7 kg d’engrais par hectare de terre arable en Algérie, des chiffres très en deçà de ceux qu’affichent le Maroc (39,1 kg par hectare) et la Tunisie (40,4 kg par hectare).

L’Algérie entend également agir en faveur de l’amélioration des compétences techniques de ses agriculteurs. Si le projet n’en est encore qu’à ses débuts, la création d’une Ecole nationale des métiers de l’agriculture, des forêts et de l’agro-industrie (ENMAFA) devrait jouer un rôle capital en ce qui concerne l’amélioration de la formation et des compétences professionnelles. L’école, dont l’emplacement exact reste encore à déterminer, offrira des formations aux métiers des secteurs agricole, forestier et agro-industriel.

Améliorer la productivité, notamment grâce à une intensification de la production locale et une utilisation accrue des engrais, voilà qui devrait être la priorité à l’avenir, selon le directeur de l’Institut National de la Recherche Agronomique d’Algérie, Fouad Chehat. « Avec le rythme de croissance démographique que connait la population, les besoins alimentaires sont de plus en plus importants. Pour assurer une meilleure couverture de la demande, il est impératif d’agir sur l’amélioration des rendements de la production agricole, » a déclaré ce dernier aux médias locaux.