L’Algérie a le taux de bancarisation le plus faible en Afrique !

Le retard de l’Algérie en matière de monétique ne pourra être comblé qu’avec l’installation d’une autorité de coordination nationale, affirme Abderrahmane Benkhalfa, expert financier et ancien délégué général de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF).

 

Tandis que des progrès avaient été enregistrés entre 2005 et 2010 en matière de monétique, les réformes sont à l’arrêt depuis trois ans en Algérie qui a ainsi accumulé un retard de plus en plus important. « Notre pays a un des taux bancarisation parmi les plus faibles de la région et même du continent africain, avec un point bancaire pour 24.000 habitants contre 1 pour 10.000 chez nos voisins maghrébins », a déclaré, ce matin sur les ondes de la Chaîne 3 de la radio algérienne, Abderrahmane Benkhalfa. « Nous nous sommes arrêtés à la carte de retrait, il y a un rebond nécessaire qui doit se faire pour aller vers le système de paiement électronique ».

Pour cela, «il faut achever les réformes qui ont été lancées et redonner la priorité au secteur bancaire», a-t-il plaidé en indiquant que l’Algérie comptait actuellement environ 11 millions de porteurs de cartes bancaires électroniques. Parmi ces réformes : le développement des agences bancaires sur le territoire national, aujourd’hui au nombre de 1.600, selon l’expert, contre 3 à 4.000 dans des pays de taille similaire à l’Algérie et surtout la mise en place « d’actions bancaires ». « Il faut aller dans le marketing bancaire, dans des actions d’intensité bancaires plutôt que d’expansion bancaire », préconise Abderrahmane Benkhalfa.

Dynamique bancaire

D’après l’ancien délégué général de l’ABEF, l’achèvement de la réforme bancaire passe par l’accomplissement de plusieurs actions d’envergure, dont la plus importante est de « remettre à la surface une autorité de coordination chargée de la mise en place d’un système monétaire monétique national ». Une autorité qui comptera les banques, les opérateurs de téléphonie et les commerçants, explique Abderrahmane Benkhalfa, qui appelle aussi à la création d’une société de gestion technique qui veillera à la maintenance des «4000 distributeurs automatiques et des 3000 à 4000 terminaux de paiement électronique (TPE) du pays ».

Enfin, l’expert financier suggère une grande action de sensibilisation au niveau des industriels, des commerçants et du patronat pays afin de les sensibiliser sur l’utilisation des TPE. Il a aussi appelé les banques à jouer un rôle dans cette dynamique en proposant à leurs clients une carte électronique plutôt que le chèque. Si l’Etat s’engage dans une démarche volontariste en se dotant d’un organisme de monétique national, Abderrahmane Benkhalfa donne trois ans au pays pour arriver à accomplir la réforme de son système bancaire avec en ligne de mire le passage au e-paiement.