Les prévisions tablent sur 4,5% de croissance en 2014.

L’expert donne comme exemple les expériences asiatiques notamment la Chine qui ont sensiblement bénéficié de l’exode rural dans leur décollage économique.

 

Les gouvernements des pays africains doivent considérer l’exode rural comme un atout pour la transformation structurelle des villes, car le phénomène ne peut être stoppé. C’est ce que recommande l’économiste  Khaled A. Hussein, chef de section prévision au sein de la division des politiques macroéconomique de la Commission économique pour l’Afrique (ONU).

En marge de la réunion du Comité intergouvernemental d’experts (CIE) du Bureau Afrique du Nord de la Commission économique pour l’Afrique qui se tient du 4 au 6 octobre à Rabat sur le thème de «Emploi des jeunes et développement durable en Afrique du Nord», M. Hussein a insisté sur le fait que l’exode rural soit un phénomène qu’on ne peut stopper et que même les économies développées y sont touchées.

Selon lui, il est trompeur de considérer que la restriction de l’exode rural ou la fixation des populations rurales ralentiraient la croissance urbaine. Le défi est comment tirer parti de l’exode rural, qui est en flux continu, a-t-il noté.

« Les politiques ne devraient pas chercher à décourager l’exode rural parce qu’il n’est pas le moteur de la croissance démographique urbaine et s’avère nécessaire à la transformation structurelle », a-t-il expliqué dans sa présentation du rapport «  L’industrialisation et l’urbanisation au service de la transformation de l’Afrique ».

Selon lui, l’exode rural peut jouer un rôle important en favorisant la croissance et la réduction de la pauvreté. Mais pour cela, il faut que les pays africains pensent à des modèles de développement et de planification industrielle qui prônent une réaffectation plus efficiente des ressources, sur les plans géographique et sectoriel.

M. Hussein donne comme exemple les expériences asiatiques notamment la Chine qui ont sensiblement bénéficié de l’exode rural dans leur décollage économique. « La croissance économique chinoise ne pouvait durer plus 30 ans s’il n’y avait pas eu d’exode rural », a-t-il souligné.

Selon l’expert onusien, l’exode rural est perçu en particulier comme un phénomène exerçant des pressions sur les infrastructures, l’environnement et l’emploi dans les villes, et les décideurs ont tendance à croire qu’il est lié à l’aggravation de la pauvreté urbaine. Or,  « l’urbanisation pourrait avoir des impacts positifs sur le coût des infrastructures, l’environnement et l’emploi pour peu qu’elle soit guidée par une politique judicieuse », a-t-il souligné

Pour M. Hussein, il faut planifier les villes industrielles d’une manière qui maximise le bénéfice des économies d’échelle. Selon lui, le modèle de l’industrie automobile, basé sur de nombreuses autres petites industries, qu’a adopté le Maroc dans la ville de Tanger est un exemple à suivre.