La baisse actuelle des cours du brut, même si elle est importante, ne ressemble pas encore à leur effondrement en 2008.


Les Etats-Unis intégreront-ils la réunion « technique » entre les producteurs de l’Opep et non-Opep destinée à stabiliser les prix et qui doit se tenir le 21 octobre prochain ? La question se pose d’autant plus que l’Opep n’y voir pas d’inconvénient.

 

 

Le secrétaire général de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) Abdallah Salem El-Badri, a appelé samedi à une trêve dans la guerre des prix, rapporte le site économique américain Business Insider : « Nous n’avons aucun problème pour coopérer avec tous les producteurs, y compris les producteurs des États-Unis. Nous sommes prêts à discuter avec eux s’ils le souhaitent, car la situation touche aujourd’hui l’ensemble des producteurs: Etats-Unis, pays de l’Opep et pays Non-Opep », a-t-il déclaré.

Cette déclaration fait suite à l’annonce vendredi, par le ministre vénézuélien du Pétrole, Eulogio Del Pino, d’une réunion technique des pays exportateurs de pétrole de l’intérieur et de l’extérieur du cartel qui aura lieu le 21 octobre 2015 à Vienne. Cette réunion vise à trouver des mesurer pour arriver à un consensus sur la reprise du prix de pétrole, sur la base d’une analyse du « stress financier », qui a affecté les pays les plus fragilisés de l’Opep, dont le Venezuela et l’Algérie. Ce prix de pétrole est, selon le secrétaire général de l’Opep, « en train de connaitre ses derniers jour de dépression, vu que la demande pétrolière est sur le point de s’aligner sur l’offre ». Cependant, cette perspective n’est pas le seul facteur de reprise des prix, car les considérations géopolitiques ont anticipé un rebond de 12% en 10 jours, c’est-à-dire depuis le début des frappes russes en Syrie.

 

Les Etats Unis vont-ils se joindre aux négociations de Vienne ?

 

En maintenant son plafond de production à 30 millions de b/j, l’Opep, et plus précisément l’Arabie Saoudite, ne voulait pas perdre ses parts de marché au profit des producteurs de pétrole de schiste américains, dont la production a plus que doublé en l’espace de dix ans. Une production qui a pourtant baissé de 500.000 barils par jour depuis juin dernier, selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (Energy Information Administration).

Ces données poussent les analystes du site financier américain fool.com à titrer : « L’Opep est en train de gagner sa bataille contre le schiste américain ». Mais on va attendre pour voir si le repli de la production du schiste de 0,4 mbj tel qu’annoncé par l’Agence internationale de l’Energie (AIE) pour 2016, ne poussera pas les USA à se rallier au Mexique et à la Russie pour négocier une éventuelle stabilité des prix avec le cartel.

 

Le retour de l’Indonésie à l’Opep complique la sortie de crise

 

Comme annoncé il ya plus d’un mois, l’Indonésie a fait son retour au cartel pétrolier, fermant une parenthèse de 7 années d’absence, et ce, après qu’elle est devenue exportatrice avec environ 900.000 barils par jour.

Ce retour va augmenter l’offre de l’Opep – déjà excédentaire – à 32,50 millions de bpj, et cette augmentation, estiment des analystes cités par l’agence Reuters, va ouvrir la question controversée de savoir si l’Opep va réintroduire le système des quotas de production pour chaque pays.

Selon ces analystes, il serait compliqué de définir les quotas du cartel qui passera officiellement à 13 pays lors de la prochaine réunion annuelle de décembre prochain, et de faire respecter les quotas, ce qui, assurent-ils, n’augure pas une sortie de crise imminente.