La stratégie de conservation des part de marché coûte que coûte ne servirait pas au fond les intérêts des Etats du Golfe.

L’obstination de l’Arabie Saoudite à poursuivre sa guerre des prix semble porter un coup dur aux producteurs concurrents, notamment les producteurs du schiste américains. L’Opep prévoit une plus grande réduction de l’offre de ces producteurs indépendants en 2016, ce qui rendrait possible ce rééquilibrage.

  

La production mensuelle de brut a atteint un nouveau record au mois de janvier. Dans son bulletin mensuel paru hier 10 février, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), parle de 32,33 millions de barils/jour produits en janvier, soit 130.000 de plus que la production de décembre 2015, et deux millions de plus par rapport au plafond officiel de l’organisation.

Les pays responsables de cette nouvelle augmentation de la production sont l’Arabie Saoudite, l’Irak, l’Iran et le Nigéria. Les pays les plus fragilisés de l’organisation, à savoir, l’Algérie et le Venezuela, ont quant à eux, réduit leur production, selon ce même rapport.

Cette augmentation de l’offre provenant d’une stratégie suivie par le plus grand producteur Opep, l’Arabie Saoudite (11millions b/j), en grande partie pour contrer la production américaine de pétrole de schiste, aura « des retombées négatives sur l’économie globale », met en garde l’organisation pétrolière.

 

Les pays hors Opep ont réduit leur offre pour le troisième mois consécutif

 

Les pays producteurs non Opep ont réduit leur offre mensuelle de 700.000 barils/j, alors qu’elle était attendue à 600.000 barils dans le rapport intérieurCette réduction s’explique en grande partie par le recul de production du schiste américain (-400.000 b/j). Elle est due également, selon ces mêmes données de l’Opep, au recul des investissements des compagnies pétrolières du forage qui opèrent aux Etats Unis et au Canada, ainsi qu’à la diminution de la récupération des vieux gisements pétrolifères dans ces deux pays de l’Amérique du Nord.

Le bulletin de l’Opep prévoit une plus grande réduction de l’offre de ces producteurs indépendants en 2016, ce qui mènerait à « un équilibre du marché du brut ». Ce rééquilibrage prévu sera soutenu par une augmentation de 1,25 mb/j de la demande mondiale, qui s’établirait ainsi à 94,21 mb/j. La hausse de la demande proviendra, selon ce même bulletin, des pays émergents, et ce, en dépit de la baisse de la croissance prévue pour la Chine et l’Inde.

 

Pas d’embellie dans les marchés pétroliers

 

Les prix du baril de brut, qui ont chuté jusqu’à 22,48 dollars en janvier (leur plus bas taux depuis 2002), ont perdu 47% de leur valeur en 2015 et plus de 70% depuis juin 2014.

Aujourd’hui, le cours du pétrole Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s’est établi à 30, 30 dollars, à 13 heures heure d’Alger, sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres. Sur le New York Mercantile Exchange de New York (Nymex), où se négocient les prix du brut léger Light Sweet Crude (WTI), le Texas Light Sweet pour livraison en mars affichait 26,58 dollars le baril.